Les comptes restent toutefois lourdement grevés par les intérêts de la dette de la société, ce qui se traduit au premier semestre par une perte nette de 3,102 milliards de francs et de 323 millions de livres.
En raison de la forte appréciation de la livre sterling, la perte nette est en légère hausse en francs par rapport au premier semestre de 1996 mais en baisse de 13,2% en livres.
Le bénéfice d’exploitation s’élève à 120 millions de francs et 7 millions de livres.
La présentation des résultats a été perturbée par la révélation de réticences du gouvernement britannique au prolongement de la concession d’Eurotunnel, un élément essentiel de la restructuration financière de la société.
Le quotidien britannique Financial Times a affirmé lundi que Londres souhaitait qu’Eurotunnel fasse davantage d’efforts pour stimuler le développement du trafic des trains de marchandises et réclamait une part plus importante des bénéfices que la société partagera dans l’avenir, deux conditions déjà connues à l’extension de la concession.
Sans confirmer ces informations, le co-président d’Eurotunnel Patrick Ponsolle s’est dit «surpris» d’apprendre qu’il y aurait de nouvelles difficultés alors que «rien n’a été finalisé» sur ces deux points, pas plus que sur la durée de l’allongement de la concession.
«Nous pensions que nous allions vers un accord simple, sans contentieux», a dit M. Ponsolle au cours d’une conférence de presse à Londres.
M. Ponsolle a ajouté que la société, ses actionnaires et ses banques auraient «du mal à comprendre comment l’accord final pourrait s’écarter sensiblement de ce qui a été convenu» dans l’accord de principe avec les gouvernements en juillet.
Il a souligné que l’accord avec les deux gouvernements sur l’extension n’était pas «une condition préalable»à la restructuration financière mais que l’approbation des actionnaires et celle, en cours, des banques avait été acquise «dans la perspective d’une extension de la concession».
Il a souhaité que la décision des deux gouvernements avant la mise en œuvre pratique de la restructuration, c’est-à-dire l’émission de nouveaux titres, des «warrants», «à la fin de l’année ou au tout début de l’année prochaine».
M. Ponsolle a souligné la difficulté pour Eurotunnel de s’engager sur l’extension du trafic ferroviaire de marchandises sachant que la traversée de la Manche ne représente qu’une petite partie du trajet total des transporteurs.
S’agissant du partage des bénéfices, «nous avons toujours parlé d’environ 25%» des bénéfices de la société après 2052 reversés aux deux gouvernements.
D’ici la fin de l’exercice, Eurotunnel s’est fixé trois objectifs: «finaliser la restructuration financière, finaliser le redressement commercial et tenir les promesses financières (faites aux actionnaires)», a déclaré M. Ponsolle.
Le plan de restructuration, approuvé en juillet par les actionnaires, est en cours de ratification par la banques. Ce processus «progresse de façon satisfaisante», a déclaré M. Ponsolle, mais la lourdeur des procédures administratives des banques entraîne une certaine lenteur, a-t-il ajouté.
Il a estimé à 99% les chances d’une ratification par les banques et à 10% les chances d’avoir ce feu vert d’ici la fin de l’année. Les banques qui ont déjà signé représentent «plus de la moitié» de la dette d’Eurotunnel.
L’amélioration des résultats financiers au premier semestre est principalement due à une nette baisse des coûts à la suite d’une réorganisation interne de la société.
Sur le plan commercial, Eurotunnel s’est donné pour objectif de récupérer les parts de marché qu’il détenait avant l’incendie de novembre dernier, c’est-à-dire 50% du trafic tourisme et 45% du trafic marchandise.
La part de marché du Shuttle touriste a atteint 44% à la mi-septembre et le Shuttle fret, qui a repris le 15 juin, 29%. (AFP)

