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Actualités - Chronologie

Angola : l'ONU s'apprête à imposer des sanctions à l'Unita de Savimbi

Trois ans après la signature des accords de paix inter-angolais de Lusaka, le chef de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA, ex-rebellion armée), Jonas Savimbi, a réussi à faire perdre patience au Conseil de Sécurité des Nations Unies et sera pour la première fois soumis à des sanctions le 30 septembre.
A partir de cette date, les représentants de l’UNITA ne pourront plus se rendre à l’étranger et ses représentations à l’extérieur du pays seront fermées.
M. Alioune Blondin Beye, le représentant du secrétaire général des Nations Unies en Angola et qui avait été le médiateur dans les négociations de paix, impute toutes les difficultés du processus de paix à l’UNITA qui n’a appliqué que partiellement ses engagements.
Dans l’euphorie de l’après Lusaka et de la première rencontre entre le président angolais José Eduardo dos Santos et Jonas Savimbi au début de l’année 1995, Beye avait proclamé que le processus de paix était «irréversible».
Aujourd’hui, il est plus prudent. «On ne peut jamais dire qu’un retour à la guerre est impossible», a-t-il dit à l’occasion d’une visite de journalistes étrangers en Angola.
Pour le représentant de l’ONU, il n’y a jamais eu rupture du cessez-le-feu, c’est-à-dire de réelle offensive militaire de l’un ou l’autre camp même si, à deux reprises, de graves incidents armés ont eu lieu dans la région pétrolifère de Soyo (nord) en décembre 1995 et de mai à juin 1997 dans le nord-est où se trouvent les principaux gisements de diamants du pays.
M. Beye estime que le gouvernement a respecté sa part du contrat en consentant à former (en avril dernier) un gouvernement d’unité et de réconciliation nationale (GURN) avec la participation de quatre ministres et de sept vice-ministres venant de l’UNITA et à accorder un statut spécial — de chef du principal parti d’opposition — à Jonas Savimbi.
En revanche, pour le représentant de l’ONU, le mouvement de Jonas Savimbi est encore loin d’avoir rempli ses obligations.

Volet humanitaire

L’UNITA contrôle encore une très grande partie du territoire angolais, possède encore des troupes et de l’armement et n’a pas fermé sa station de radio (Voix de la résistance du coq noir — VORGAN).
La décision de l’ONU de prendre des sanctions contre l’UNITA a incité les deux camps à intensifier leurs contacts pour trouver des arrangements sur le retour à l’Etat de localités ou de zones «sensibles».
Il s’agit notamment de l’ancienne base aérienne de Negage dans la province de Uije (nord), des localités de Andulo et Bailundo (centre), le fief de Jonas Savimbi, et des zones diamantifères des provinces de Lunda (nord-est).
Mais pour convaincre le Conseil de Sécurité de suspendre les sanctions il faudra que l’UNITA désarme bien plus que les 2.500 hommes qu’elle affirme avoir encore.
Il faudra aussi qu’elle transforme Vorgan en une radio privée non partisane.
Les Nations Unies veulent croire que les sanctions seront suffisantes pour faire fléchir Jonas Savimbi. Par prudence, le Conseil de Sécurité a décidé de conserver en Angola 3.000 Casques bleus alors que la Mission de vérification des Nations Unies en Angola (UNAVEM III) a été transformée en juillet dernier en mission d’observation des Nations Unies en Angola (MONUA).
Les retards systématiques enregistrés dans l’application des clauses politiques et militaires des accords de paix ont considérablement affecté le volet humanitaire du processus, notamment les opérations de démobilisation de 70.000 soldats et le retour dans leur région d’origine des personnes déplacées.
L’Angola compte 4,5 millions de déplacés sur une population de 12 millions d’habitants.
Riche en pétrole et en diamants, château d’eau de l’Afrique australe, doté de terres fertiles qui pourraient facilement nourrir toute la population, l’Angola est aujourd’hui largement dépendant de l’aide internationale, sans infrastructures et sans industries.
Après quinze ans de guerre d’indépendance et vingt ans de guerre civile qui ont fait quelque 500.000 morts, l’Angola n’est pas encore complètement sûr de sa paix. (AFP)
Trois ans après la signature des accords de paix inter-angolais de Lusaka, le chef de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA, ex-rebellion armée), Jonas Savimbi, a réussi à faire perdre patience au Conseil de Sécurité des Nations Unies et sera pour la première fois soumis à des sanctions le 30 septembre.A partir de cette date, les représentants de l’UNITA ne pourront plus se rendre à l’étranger et ses représentations à l’extérieur du pays seront fermées.M. Alioune Blondin Beye, le représentant du secrétaire général des Nations Unies en Angola et qui avait été le médiateur dans les négociations de paix, impute toutes les difficultés du processus de paix à l’UNITA qui n’a appliqué que partiellement ses engagements.Dans l’euphorie de l’après Lusaka et de la première...