L’Egypte, qui a accueilli des Arméniens pendant près de deux siècles avant de les faire fuir sous Nasser, veut les convaincre de revenir investir dans leur ancien pays d’accueil.
Profitant d’une récente réunion au Caire d’anciens élèves des trois écoles arméniennes d’Egypte, le ministère égyptien des Affaires étrangères a souhaité que les Arméniens, dispersés à travers le monde, aient à cœur de «promouvoir les intérêts économiques, commerciaux, culturels et touristiques de l’Egypte» et «favorisent un transfert technologique à partir des pays développés où ils vivent aujourd’hui».
Arrivés en grand nombre dès le milieu du 18e siècle, les Arméniens étaient environ 40.000 en Egypte jusqu’aux nationalisations lancées par l’ancien président Gamal Abdel Nasser dans les années 1960.
En majorité commerçants et industriels, ils ont vu leurs biens confisqués et ont émigré vers l’Australie, le Canada, les Etats-Unis et l’Europe occidentale. Ils ne sont plus qu’à peine 3.000 regroupés entre Le Caire et Alexandrie.
«Nous voulons restaurer l’image de l’Egypte lors de cette réunion amicale», explique le conseiller économique à l’ambassade d’Arménie au Caire, M. Mardiros Balayan, lui-même né en Egypte.
Un souvenir douloureux
«Certains gardent un souvenir un peu douloureux de ce pays qu’ils ont quitté après avoir perdu leurs entreprises. Nous voulons leur montrer que le pays a changé, qu’il s’est ouvert et que, contrairement à l’Europe de l’Ouest, c’est un marché en pleine expansion», ajoute-t-il.
Les 400 invités ont ainsi visité des projets touristiques qui fleurissent à travers le pays et les nouvelles villes industrielles, notamment dans la banlieue du Caire.
«Nous voulons les inciter à investir en Egypte et favoriser les exportations égyptiennes vers les pays où ils vivent. Nous les avons mis en relation avec des industries textiles, pharmaceutiques et des manufactures de tapis. Ils ont été surpris du dynamisme de la production égyptienne», se félicite M. Balayan.
«Pour l’instant, ajoute-t-il, rien n’a été conclu en matière d’investissement, mais ces choses-là ne se font pas en une nuit».
«Les Arméniens ont désormais une idée des possibilités d’investissement qu’offre l’Egypte et c’est une fois rentrés dans leur pays qu’ils y réfléchiront à tête reposée», explique le directeur d’une imprimerie au Caire, Nurayer Deuvletian, un des organisateurs.
Plusieurs compagnies égyptiennes ont profité d’une grande réception organisée par l’ambassade d’Arménie au Caire en l’honneur de ces Arméniens de passage pour présenter leurs produits.
«Nous cherchons de riches investisseurs. Nous savons qu’il y en a ici», explique Ziad Chazli, représentant du groupe d’investissement immobilier Talaat Moustafa, qui propose des villas de luxe et des complexes touristiques.
A l’issue de la soirée, il a récolté quelques numéros de téléphone et le projet d’un protocole entre sa compagnie et le gouvernement arménien pour la construction de villas en Arménie. (AFP)

