«Qatar estime que la conférence économique pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord ne peut réussir s’il n’y a pas de progrès concret au niveau du processus de paix et si le gouvernement israélien ne change pas de politique», a déclaré cheikh Hamad Ben Jassem Ben Jabr al-Thani à l’agence quatariote QNA.
Qatar insiste à accueillir en novembre cette conférence à laquelle est invité Israël. Aucun pays arabe n’a jusqu’à présent annoncé son intention d’y participer, en raison du blocage du processus de paix.
Le chef de la diplomatie qatariote, qui se trouve au Caire, a indiqué y avoir évoqué avec ses homologues arabes «le blocage du processus de paix de manière délibérée depuis l’accession de (M. Benjamin) Netanyahu» au pouvoir.
«Il est clair à présent que ce gouvernement ne s’est pas contenté de se dérober à ses engagements et de refuser la poursuite des négociations au point où elles ont abouti, mais a suivi une voie opposée au processus de paix», a ajouté le ministre.
Le gouvernement israélien «intensifie la colonisation des territoires arabes occupés, notamment à Jérusalem, détruit les maisons et confisque les terres, impose des punitions collectives au peuple palestinien et mène des agressions répétées contre le peuple du Liban», a-t-il dit.
Parlant à des journalistes au Caire, le ministre qatariote a refusé que soit mise en doute la position adoptée par son pays à l’égard des pratiques israéliennes.
«Nous n’acceptons pas que soit mise en doute la position arabe de Qatar vis-à-vis des pratiques israéliennes» concernant le processus de paix, a-t-il déclaré.
Compromis
La Ligue arabe, dont le Conseil ministériel est réuni au Caire, a laissé à chacun de ses 22 membres la liberté de décider de sa participation à la conférence de Doha.
Cette décision a été prise lors d’une réunion qui a regroupé les ministres des Affaires étrangères de Syrie, de Qatar, d’Egypte, d’Arabie Séoudite, de Jordanie et du sultanat d’Oman.
Selon un des participants, le chef de la diplomatie qatariote a affirmé que Doha entendait tenir la réunion car il s’agissait «d’un engagement international de son pays qui n’avait rien à voir avec le gel de la normalisation avec Israël décidé par la Ligue en mars».
«Son homologue syrien Farouk el-Chareh voulait obtenir un lien explicite entre la participation arabe à Doha et le progrès dans le processus de paix», avait précisé la même source.
«Cela a toujours été la position de Qatar. Il ne s’agit pas d’une nouvelle position mais d’une clarification selon laquelle, si la conférence ne se tient pas au niveau désiré, ce sera le résultat de la politique de Netanyahu», a indiqué le chef de la diplomatie qatariote à la presse.
«En tant que pays hôte, nous sommes convaincus que la conférence n’aura pas le succès escompté si Israël poursuit sa politique actuelle», a ajouté cheikh Hamad. (AFP)


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