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Actualités - Analyse

Malaise de plus en plus prononcé au sein du pouvoir exécutif

Cela devient une antienne: les hraouistes répètent de nouveau que le chef de l’Etat, malgré la trêve décrétée par les décideurs au niveau des rapports au sein de la troïka, n’oublie pas les projets qu’il a émis depuis plus d’un an pour la révision de certains articles de la Constitution et l’unification des statuts personnels. Ils ajoutent qu’outre la question des délais pour les signatures d’actes officiels, principal objet du projet de retouches constitutionnelles et l’institution d’un mariage civil facultatif, le président Elias Hraoui tient également à concrétiser la promesse faite aux expatriés de leur redonner la nationalité libanaise…
Autrement dit, Baabda est en train de raviver des thèmes conflictuels connus, preuve si besoin était que la hache de guerre est de nouveau déterrée, bien qu’en surface le calme règne toujours. En réalité, loin des feux de la rampe, la nouvelle pomme de discorde se caramélise autour d’un portefeuille tout à fait primordial par ces temps de crise, les Finances. Aussi surprenant que cela puisse paraître, les hraouistes estiment qu’étant donné «l’échec flagrant de la gestion haririenne en cette matière vitale, il faut que le chef du gouvernement rende ce portefeuille que nominalement il détient, pour qu’on le confie à quelqu’un d’autre. S’il refuse, le maintien de son Cabinet serait remis en question et en cas de crise ministérielle, ce serait un autre qui serait pressenti pour former le nouveau gouvernement…»
Simples propos d’intimidation? «Pas du tout, répondent des loyalistes proches du chef de l’Etat. Depuis son retour du Brésil, M. Hraoui est très monté contre M. Hariri et on ne doit pas oublier que le président de la République dispose encore d’assez de poids au sein de l’Exécutif pour contrer efficacement ses contempteurs».
Cette irritation, les causes en sont sans doute multiples et bien d’entre elles restent assez mal connues, ce qui alimente beaucoup spéculations et rumeurs dans le Landerneau politique. Certains affirment ainsi que «M. Hraoui entame les grandes manœuvres classiques, l’approche des présidentielles. Pour décrocher une nouvelle prorogation, il fait dès à présent monter les enchères en multipliant les revendications. De deux choses l’une: ou on le réélit encore une fois, et alors il oublierait volontiers les conditions posées; ou on lui donne satisfaction et il regagnerait ses pénates en ayant conforté son statut de pôle influent au niveau national comme par rapport à la rue chrétienne dont il aurait ainsi défendu les thèses, sinon les intérêts».

Par acquit de
conscience

D’autres pensent que «M. Hraoui sent bien que cette fois la prorogation n’est pas acquise d’avance, bien qu’elle ne soit pas encore tout à fait exclue. Il sait aussi que ses revendications n’ont absolument aucune chance de passer, sinon cela serait déjà fait depuis longtemps. D’ailleurs sur les conseils des décideurs, il y avait pratiquement renoncé. S’il les remet aujourd’hui sur le tapis, c’est simplement pour pouvoir partir l’an prochain la tête haute, avec le sentiment du devoir accompli, c’est-à-dire d’avoir tenté jusqu’au bout de réparer en partie les injustices subies par son camp».
D’autres encore soutiennent qu’il ne faut pas «donner aux péripéties actuelles une dimension «stratégique», des perspectives à long terme. Tout ce qu’il y a, c’est que certaines âmes charitables ont voulu provoquer une rupture entre les deux présidents, en accusant M. Hariri d’avoir relancé les décideurs, pour attirer leur attention sur les inconvénients politiques, les déséquilibres qu’entraînerait une récupération massive de la nationalité libanaise par les émigrés. Autrement dit, en usant du prétexte démoconfessionnel, en soulignant la nécessité qu’une communauté reste plus nombreuse pour mieux dominer un camp qui n’est pas en sa majorité proche des décideurs, M. Hariri serait parvenu à court-circuiter le projet de M. Hraoui, selon les parties qui veulent les brouiller. ce sont donc de simples escarmouches qui se déroulent en coulisses et il est probable que les deux hommes mettent bientôt les choses au point, par une séance de franches explications» concluent ces sources.
Mais, retour à la case départ, certains hraouistes, tout en avouant n’être pas dans les confidences de dieux, persistent à dire que «Baabda en a plus qu’assez des continuelles attaques ou pressions visant à affaiblir encore plus le camp chrétien dans son ensemble. Il est donc déterminé à riposter jusqu’à placer les manœuvriers d’en face en mauvaise posture, pour parvenir si possible à les déloger de leurs fortes positions actuelles. Si une crise ministérielle devait éclater, il faudrait que le régime se retrouve en mesure de disposer d’un bon tiers des ministres dans le prochain Cabinet, c’est-à-dire de ce que l’on appelle la minorité de blocage, l’idéal étant bien sûr qu’il y décroche la majorité absolue ce qui lui permettrait de gouverner autant que de régner…».
Les paris sont donc ouverts et… il y a fort à parier que la mise sera emportée par la partie qui aura su mettre les décideurs de son côté.

E.K.
Cela devient une antienne: les hraouistes répètent de nouveau que le chef de l’Etat, malgré la trêve décrétée par les décideurs au niveau des rapports au sein de la troïka, n’oublie pas les projets qu’il a émis depuis plus d’un an pour la révision de certains articles de la Constitution et l’unification des statuts personnels. Ils ajoutent qu’outre la question des délais pour les signatures d’actes officiels, principal objet du projet de retouches constitutionnelles et l’institution d’un mariage civil facultatif, le président Elias Hraoui tient également à concrétiser la promesse faite aux expatriés de leur redonner la nationalité libanaise…Autrement dit, Baabda est en train de raviver des thèmes conflictuels connus, preuve si besoin était que la hache de guerre est de nouveau déterrée, bien...