Les investigations des services de sécurité ont montré que les jeunes filles, souvent des mineures, étaient envoyées dans le Golfe pour s’y prostituer dans les boîtes de nuit et autres lieux de perdition. Le réseau libanais, regroupant des figures du monde du show bizz, avait aussi des accointances avec des agences de voyage qui facilitaient le transport des chanteuses amateurs vers les pays du Golfe. Le groupe libanais fournissait aux jeunes candidates des contrats et prenaient entre 300 et 1000 dollars de commission.
Une fois dans les pays du Golfe, les malheureuses étaient prises en charge par d’autres bureaux installés sur place qui assuraient leur insertion dans les circuits de la prostitution.
L’enquête des services a montré que près de 125 jeunes filles ont été entraînées ainsi dans les «réseaux de la honte».
L’enquête préliminaire a été confiée au procureur du Mont-Liban, M. Raymond Oueidate qui a, à son tour, transmis le dossier au juge d’instruction du Mont-Liban. Une personne, Jean M., a d’ailleurs été arrêtée dans ce cadre. Jean est officiellement un directeur d’école mais il a participé à l’ouverture de l’un des bureaux libanais et il a facilité le voyage de 12 jeunes filles vers les pays du Golfe.
Interrogé par le juge, en présence de son avocate, Me Saydé Habib, Jean M. a nié être mêlé à une affaire de prostitution. Il a toutefois reconnu avoir facilité le voyage de plusieurs jeunes filles pour le Golfe, afin d’y participer à des shows dansants. Jean M. n’a pas fourni de précisions sur les moyens utilisés pour envoyer les jeunes filles à l’étranger et, tout en niant être au courant de l’existence d’un réseau de la honte, il a donné au juge les noms des responsables des bureaux chargés de ce trafic, notamment deux personnalités du monde du show business. Le juge a émis un mandat d’arrêt à son encontre et il compte procéder à des confrontations entre les jeunes filles et certaines personnes évoquées par Jean M.
Ce qui laisse supposer que l’instruction du dossier risque de prendre un peu de temps.

