Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Vers une bataille sur la privatisation au Koweit

Les projets de privatisation du secteur public koweitien devraient faire l’objet d’une bataille entre le gouvernement et le Parlement qui réclame des garanties sur les tarifs et l’emploi, estiment des experts.
Une commission parlementaire examine actuellement un projet de loi sur la cession des services publics, qui devra être soumis aux députés à l’ouverture de la prochaine session de la chambre, en octobre.
«Nous espérons que cette loi aura la priorité dès le début de la prochaine session», déclare le député Adel-Wahab al-Haroun à propos du projet de privatisation de certains services publics, comme l’électricité, l’eau et les télécommunications.
Le gouvernement a affiché son intention d’aller de l’avant dans ses projets de privatisation en annonçant le 7 septembre la création d’un organisme chargé de superviser la privatisation des services publics.
Les partisans de la privatisation, comme M. Haroun, rapporteur de la commission économique du Parlement, s’attendent à une vive bataille autour de ce dossier.
Le député prévoit une vive opposition à la cession d’entreprises publiques si elle n’est pas accompagnée d’une série de mesures législatives sur la protection des emplois des Koweitiens et le maintien des généreuses subventions sur les services.
Le Koweit s’est engagé plus que ses voisins du Golfe dans le processus de privatisation. Depuis 1994, l’Etat a vendu ses actions dans 23 compagnies, une opération qui lui a rapporté plus de 830 millions de dinars (2,7 milliards de dollars).
Ces compagnies — banques et sociétés industrielles notamment — relevaient à l’origine du secteur privé, mais le gouvernement avait été contraint d’y prendre une participation pour les remettre à flot après un krach boursier en 1982.
Pour des économistes, la privatisation des services publics sera plus délicate.
Selon eux, le maintien des subventions sur les services publics devrait être possible, le gouvernement pouvant par exemple acheter l’électricité à une centrale privée et la refacturer aux consommateurs à des tarifs inférieurs au prix du marché.
«La question de l’emploi est totalement différente», estime un économiste, soulignant que ce dossier «sera sûrement un sujet de préoccupation, car il s’agit de savoir si les nouvelles entreprises garderont le personnel koweitien», ou embaucheront des étrangers, moins payés.
Cette question est particulièrement sensible au Koweit, où 93% de la population active koweitienne, estimée à 185.000 personnes, est employée par l’Etat.
Selon M. Haroun, le problème de l’emploi devra être évoqué au Parlement, d’autant que le gouvernement cherche à réduire les salaires et à équilibrer son budget d’ici à l’an 2000.
Le poids des salaires «est trop lourd. C’est pour cela que nous accusons un déficit budgétaire. Mais on ne peut pas réduire les salaires», estime le député.
Le déficit budgétaire dépasse 3 milliards USD depuis la fin de l’occupation irakienne du Koweit (août 1990-février 1991), qui a coûté plusieurs mds USD, pesant lourdement sur les finances de ce riche pays pétrolier.
L’économiste Jassem al-Saadoun, qui dirige l’institut privé de conseil économique Al-Shall, souligne que plus de 40% des 700.000 Koweitiens ont moins de 14 ans. Or à leur arrivée sur le marché du travail, il y a peu d’espoir que l’Etat puisse les employer.
«L’opposition à la privatisation est normale, mais avons-nous d’autres choix que la privatisation. Je ne le crois pas», conclut-il. (AFP)
Les projets de privatisation du secteur public koweitien devraient faire l’objet d’une bataille entre le gouvernement et le Parlement qui réclame des garanties sur les tarifs et l’emploi, estiment des experts.Une commission parlementaire examine actuellement un projet de loi sur la cession des services publics, qui devra être soumis aux députés à l’ouverture de la prochaine session de la chambre, en octobre.«Nous espérons que cette loi aura la priorité dès le début de la prochaine session», déclare le député Adel-Wahab al-Haroun à propos du projet de privatisation de certains services publics, comme l’électricité, l’eau et les télécommunications.Le gouvernement a affiché son intention d’aller de l’avant dans ses projets de privatisation en annonçant le 7 septembre la création d’un organisme chargé...