Mais sur les routes alentours, quasi désertes et étroitement surveillées par l’armée, aucun nouveau renforcement de la sécurité n’était perceptible.
Raïs, une localité de plusieurs milliers d’habitants de la vaste plaine agricole de la Mitidja a été attaquée par un commando qui a massacré des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants.
La tuerie a fait 98 morts et 120 blessés, selon les autorités, entre 200 et 300 d’après les habitants.
La ville ne possédait pas de «patriotes», les villageois armés par les autorités pour faire face aux islamistes, nombreux dans la Mitidja.
Une dizaine de jeunes gens ont suivi l’exemple d’autres villages, qui, frappés par un massacre, ont déjà demandé à s’armer.
A peine sortis de l’adolescence, âgés peut-être de 18 à 20 ans à peine, ces jeunes, certains imberbes, arborent fièrement des fusils de chasse, entourés par des petits groupes de villageois.
Deux sont armés de «Klash» (Kalashnikov) et un d’un fusil à pompe. Pas de treillis, donnés par l’armée, comme en portent les «patriotes» des autres villages, mais de simples tee-shirts et des vestes à poches multiples.
Murs noircis, maisons abandonnées, la localité, assemblage d’habitations de fortune et de quelques belles villas, avec ses rues de terre, porte encore les traces du carnage. De nombreuses victimes ont péri dans leurs appartements transformés en brasiers par les cocktails molotov.
Faux-barrages
A côté des maisons attaquées, pas une âme qui vive, à part une femme, portant un baluchon, suivie de deux enfants, qui se dirige vers la route. D’autres attendent un peu plus loin des taxis ou des bus, sacs posés à terre.
Mais la circulation est très réduite sur les axes routiers, où les automobilistes redoutent les «faux-barrages» dressés par des islamistes armés, malgré la présence de barrages tenus par l’armée.
A chaque point de contrôle, les mêmes questions: «Où habitez-vous, d’où venez-vous, où allez-vous?». Les soldats inspectent l’intérieur du véhicule du regard.
La crainte des attentats et des voitures piégées est partout visible: arbres rasés aux abords des barrages, villages protégés par des obstacles. Près de l’un d’eux, Bellaouadi, l’armée a installé des dizaines de blocs de béton et de fûts, obligeant les voitures à slalomer sur 200 mètres.
Tout autour, d’immenses talus de terre sont érigés en protection sur plusieurs centaines de mètres.
Un peu plus loin, un jeune militaire avise de ne pas s’engager sur l’axe reliant les localités de Sidi-Moussa et Larbâa. «Faites demi-tour. Vous ne savez pas que les habitants fuient les exactions du GIA (Groupe islamique armé)?. C’est dangereux de s’aventurer sur ces routes peu fréquentées».
Les barrages de l’armée et des «patriotes» sont en place depuis longtemps sur les principaux axes de la Mitidja, la plaine fertile qui s’étend sur une trentaine de kilomètres de large entre les faubourgs d’Alger et la chaîne de l’Atlas Blidéen, une zone de maquis islamistes. (AFP)

