L’organisation cette semaine d’un hommage à un érudit juif du 18e siècle a suscité les critiques du centre Simon Wiesenthal et de l’ambassadeur d’Israël à Vilnius, qui reprochent à la Lituanie son peu d’empressement à poursuivre ses criminels de guerre nazis.
«Les Lituaniens ont massacré les Juifs avant même l’arrivée des nazis dans le pays», a lancé l’ambassadeur Oded Ben Hur, dans un discours jeudi matin devant la Diète (Parlement), accusant les autorités de «faire traîner les procès de criminels de guerre».
«La Lituanie est prête à poursuivre les criminels de guerre et le fera consciencieusement», a répondu le soir même le président lituanien, Algirdas Brazauskas, lors de la soirée officielle d’hommage au talmudiste Eliyahu ben Shlomo Zalman (1720-1797), connu en Lituanie sous le nom de «Gaon (gnie) de Vilna».
Les nazis, avec l’aide de collaborateurs lituaniens, ont exterminé quasiment toute la communauté juive locale, traditionnellement bien implantée à Vilnius. Selon les historiens, 135.000 juifs lituaniens ont péri entre 1939 et 1945, sur une population évaluée à 150.000 au début de la guerre.
Sous les applaudissements des invités du gouvernement, Juifs lituaniens, américains ou israéliens, le chef de l’Etat a critiqué le parquet général pour avoir mené «mollement» les poursuites contre le criminel de guerre présumé Alexandras Lileikis, récemment extradé des Etats-Unis et accusé de génocide.
Vendredi soir, le Parlement a cependant repoussé d’une semaine l’examen d’un projet d’amendements au code pénal, qui permettraient de faciliter la poursuite des anciens criminels de guerre. Le chef du groupe parlementaire de l’Union du centre (pro-gouvernemental) a justifié ce report par la nécessité «de ne pas céder à la pression d’organisations juives internationales».Un autre responsable de ce petit parti avait exigé l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël, jeudi, après sa diatribe prononcée devant la Diète. (AFP)

