L’équipe de spécialistes du vieillissement de Thomas Perls, de Boston (Harvard Medical School, Massachusetts), a comparé 78 centenaires nées en 1986 à 54 femmes nées la même année, mais décédées en 1969 à l’âge de 73 ans.
Les chercheurs ont constaté que les centenaires avaient donné naissance quatre fois plus souvent à des enfants entre quarante et cinquante ans que les septuagénaires.
La capacité à avoir des enfants dans la cinquième décennie de la vie pourrait être un facteur de vieillissement ralenti et de grande longévité, avancent-ils.
«La pression de l’évolution en faveur d’un allongement de la durée de la vie des femmes pourrait être liée étroitement à un prolongement de la période de fertilité» et donc à une ménopause plus tardive, suggèrent-ils.
Aucune différence socio-culturelle ne séparait ces femmes et «durant le premier quart de ce siècle, les interventions pour stimuler la fertilité des femmes d’âge moyen n’existaient pas», notent-ils.
Ils relèvent que «la ménopause n’existe pas dans la majorité des espèces de mammifères», mais leurs risques à l’accouchement sont relativement bas, même aux âges avancés, contrairement à l’espèce humaine.
Selon leur théorie, la ménopause a été un élément favorable à la survie de l’espèce humaine en protégeant les femmes plus âgées des risques de l’accouchement (mort prématurée).
Des expériences chez les mouches ont montré que l’aptitude à pondre des œufs tardivement est corrélée avec une durée de vie plus longue. Les femmes à ménopause tardive sont soumises plus longtemps à une production naturelle d’hormones œstrogènes qui leur permettrait d’éviter, ou retarder, des maladies accompagnant le vieillissement (Alzheimer, crise cardiaque, attaque cérébrale).
Les chercheurs vont donc «maintenant rechercher des associations» entre divers gènes (gènes régissant l’aptitude à procréer, le vieillissement et la susceptibilité aux maladies associées à l’âge) pour conforter leurs hypothèses. (AFP)

