Les détails sur ces ventes seront donnés lors du deuxième et dernier jour d’une importante conférence économique internationale, qui a débuté mardi au Caire devant 700 hommes d’affaires, a-t-on appris auprès des organisateurs.
A l’ouverture de cette conférence — intitulée «Tigre sur le Nil» en hommage aux succès de la politique égyptienne d’ajustement économique —, le premier ministre Kamal al-Ganzouri et plusieurs ministres ont tenté de dissiper un certain flou dans leur politique de privatisation.
Cette attitude reflétait, selon des experts étrangers, les oppositions internes au sein du gouvernement en matière de ventes d’actifs publics, dans un pays encore marqué par le «socialisme» nassérien. Il était dû aussi, selon eux, à une grande inexpérience en la matière.
Clarification sur les chiffres: selon le ministre des Entreprises publiques Atef Ebeid, sur les 314 entreprises à privatiser d’ici l’an 2000, 76 entreprises l’ont déjà été à des degrés divers (parfois à hauteur de seulement 10 à 20%) et 34 doivent l’être d’ici à la fin de l’année.
55 entreprises sont «en train d’être préparées» pour être privatisées en 1998 et 65 ont été «identifiées» pour l’être en 1999, a ajouté M. Ebeid. Reste 84 entreprises à céder d’ici à l’an 2000 et sur lesquelles le ministre n’a rien dit.
Clarification sur les méthodes de privatisation: le gouvernement égyptien, qui a d’abord tenté de travailler seul, reconnaît qu’il a besoin de l’aide étrangère pour restructurer financièrement nombre d’entreprises non rentables afin de les rendre attirantes pour les investisseurs.
«Nous n’avons pas le savoir-faire (...) Pour parler franchement, nous devons compter sur ceux qui ont l’expérience de la restructuration des entreprises», a admis M. Ebeid. Et il a cité les secteurs concernés: le textile, la chimie, la métallurgie, le commerce de détail et les hôtels.
M. Ebeid a indiqué que le gouvernement était «en discussion avec plusieurs groupes étrangers» qui pourront ne prendre qu’une participation minoritaire dans le capital en échange de la prise en charge de la gestion.
«Ceci est une invitation, non pas pour un profit immédiat mais pour de bons résultats dans environ deux ans», a ajouté le ministre.
«Nous offrons des entreprises débarrassées de leurs dettes et de leurs problèmes d’effectifs», a-t-il poursuivi, précisant que des programmes de mise à la retraite anticipée seront mis en place pour diminuer le nombre pléthorique de salariés.
M. Ebeid avait déclaré en juin que le gouvernement avait apuré les pertes de 162 entreprises publiques en vue de leur privatisation. Il a indiqué mardi que la restructuration financière de 50 entreprises était en voie d’achèvement.
Le gouvernement égyptien entend aussi répondre aux besoins occidentaux d’informations fiables sur les entreprises et de transparence en matière boursière.
Mais il entend garder la maîtrise des secteurs à privatiser. Ainsi le premier ministre a éludé une question sur d’éventuelles privatisations dans le secteur pétrolier. «Nous savons exactement ce que nous faisons», a-t-il dit. Et il n’a pas ri quand un organisateur de la conférence a fait allusion à la prochaine privatisation du canal de Suez.
Les privatisations égyptiennes, annoncées dès 1991, n’ont vraiment commencé qu’en 1996 puis ont marqué le pas au début de 1997. (AFP)

