L’octroi de cette aide, accordée par le Japon (12,5 millions de dollars), les Etats-Unis (7,5 millions), l’Italie (0,9 million) et l’Espagne (0,5 million), a été annoncé lors d’une réunion à Amman des bailleurs de fonds de l’UNRWA, a précisé M. Assad Abdel Rahman, représentant de l’Autorité palestinienne à la réunion.
Selon lui, la France et le Luxembourg se sont, pour leur part, engagés à accorder une aide à l’UNRWA, sans toutefois avancer de chiffre ou de date.
L’assistance annoncée à Amman devrait combler le déficit de 20 millions de dollars qu’accuse l’UNRWA dans son budget pour le dernier trimestre de cette année.
Au cours de leur réunion à Amman, les représentants de 22 pays donateurs et d’accueil des réfugiés palestiniens ont examiné les moyens d’assurer la poursuite des activités de l’UNRWA.
L’agence spécialisée, qui a dû réduire son budget annuel initialement fixé à 312 millions de dollars, a adopté en août une série de mesures d’austérité, dont l’imposition pour la première fois de frais de scolarité dans ses écoles, pour faire face à ses difficultés financières.
«Nous avons réussi à surmonter la crise qui a frappé l’UNRWA en 1997, mais le problème reste entier» pour les prochaines années, a commenté le délégué palestinien.
La grogne
Les mesures d’austérité annoncées par l’UNRWA avaient provoqué des remous parmi les réfugiés palestiniens qui ont multiplié depuis quelques jours les mouvements de protestation, aussi bien au Liban qu’en Jordanie et dans les territoires autonomes.
Quelques heures avant que les représentants des pays donateurs ne se réunissent à Amman pour discuter du budget de l’UNRWA et ne décident de renflouer la caisse de cet office, des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté dans leurs camps au Liban, où une grève générale a été en outre observée. Des pneus ont été brûlés dans les camps, en signe de protestation également. Les manifestants se sont ensuite rendus devant le bureau de l’UNRWA à Tyr où ils ont observé un sit-in de deux heures.
Ils devaient ensuite prendre le chemin de Beyrouth, à l’appel des leaderships palestiniens qui avaient placé la journée d’hier sous le signe de l’escalade. Des réfugiés venus de tous les camps de Beyrouth ont organisé un sit-in de quatre heures devant le siège de l’UNRWA à Bir Hassan.
Le mouvement de protestation a gagné également les camps des réfugiés en Jordanie et dans les territoires palestiniens.
A Gaza, près de 2.000 réfugiés, la plupart des étudiants, ont pris d’assaut les locaux de l’UNRWA où ils ont tenté d’arracher une porte, pour manifester leur exaspération contre les mesures d’austérité décidées par l’agence pour combler un déficit budgétaire de 20 millions de dollars pour les trois prochains mois.
En Cisjordanie, où des manifestations ont également eu lieu, les réfugiés ont annoncé qu’ils allaient boycotter les écoles et les hôpitaux de l’UNRWA, en signe de protestation contre ces mesures.
En Jordanie, un millier de personnes ont manifesté dans le camp des réfugiés d’Al-Bakaa (100.000 habitants), près d’Amman contre les mesures d’austérité de l’UNRWA.
Les protestataires ont dénoncé les accords de paix israélo-palestiniens et critiqué le président Yasser Arafat, selon l’AFP. A Amman, des représentants des réfugiés ont organisé un sit-in devant les bureaux de l’UNRWA où ils ont remis un mémorandum mettant en garde contre «une explosion de la situation» en cas d’une réduction systématique de l’assistance internationale.

