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Actualités - Chronologie

Le jour où le Royaume-uni s'est figé pour pleurer sa princesse

Diana la «princesse du peuple» est entrée samedi dans la légende, inhumée sur un îlot au cœur des terres ancestrales des comtes Spencer, après des obsèques uniques qui ont bousculé le protocole royal et provoqué une émotion considérable bien au-delà du Royaume-Uni.
Ils ont été plus d’un million à s’incliner dans la matinée au passage du cercueil drapé de l’étendard royal, bombardé de fleurs, et accompagné du glas et des pleurs deux heures durant, du Palais de Kensington à l’abbaye de Westminster. «Nous t’aimons, Diana», a lancé la foule tandis que progressait au pas l’attelage tiré par six chevaux, escorté par un détachement de gardes gallois et des policiers à cheval.
Le prince Charles, divorcé de Diana voici juste un an, son fils aîné William, deuxième dans la ligne de succession, et le cadet Harry, ont effectué à pied la fin du parcours, en compagnie de 500 représentants d’associations caritatives contre le sida, les mines antipersonnel, pour lesquelles œuvrait Diana.
Des centaines de millions de téléspectateurs de par le mode les ont rejoints pour un office religieux poignant en l’abbaye de Westminster.
L’émotion a atteint son paroxysme aux derniers accents de «Candle in the Wind», dédié à Marylin Monroe mais réécrit pour la princesse morte à 36 ans. La voix étranglée d’Elton John a arraché des sanglots à William, le prince de 15 ans qui incarne désormais l’espoir de renouveau de la monarchie.
La colère a grondé lors du réquisitoire enflammé du comte Spencer, frère de la défunte, contre les médias et le carcan du protocole royal. Les médias se sont «acharnés à la détruire», a accusé le comte, qui n’a pas hésité non plus à lancer une pique à la reine devant les caméras du monde entier. Pour rayonner, «Diana n’avait pas besoin du titre d’altesse», a-t-il dit alors qu’Elizabeth II avait privé la princesse de son titre après son divorce.

La «trêve» des médias

La ferveur populaire n’a pas faibli tout au long des 120 km qui ont mené le corbillard au hameau d’Althorp (nord-ouest) où Diana a été portée en terre par les siens. A l’abri de la foule et des caméras. La cérémonie intime rassemblait Charles et ses deux fils, le comte Spencer, la mère de Diana, ses deux sœurs et leurs époux.

La famille royale, un temps accusée de manquer de compassion, avait auparavant multiplié les signes de deuil.
L’hommage posthume rendu vendredi soir par la reine dans son adresse exceptionnelle à la Nation a contraint samedi à la trêve des médias, prompts à rappeler les démêlés de la souveraine avec celle dont le comportement libéré a souvent résonné comme un reproche porté à une monarchie compassée.
A Westminster, la liste des invités reflétait le monde éclectique de la princesse morte, en l’absence de la plupart des têtes couronnées et des grands fréquentés de son vivant par la «princesse du peuple». Les épouses des présidents Bill Clinton et Jacques Chirac représentaient les Etats-Unis et la France, au côté d’ambassadeurs du show-business et de la mode — le ténor Luciano Pavarotti, les comédiens Tom Cruise et Nicole Kidman, le chanteur pop George Michael —, mais aussi de nombreux représentants des organisations caritatives pour lesquelles œuvrait la princesse.
«L’amour ne périt jamais», a récité le premier ministre Tony Blair à la lecture de l’épître aux Corinthiens, extrait du Nouveau Testament.
Et l’archevêque de Cantorbéry, George Carey, a joint dans sa bénédiction Dodi al-Fayed, l’ami de la princesse, et leur chauffeur, Henri Paul, décédés ensemble une semaine auparavant à Paris.
Lorsque le cercueil a quitté l’abbaye, une minute de silence a figé le royaume: commerces fermés, services suspendus.
La diatribe du comte Spencer contre le lynchage médiatique de «la femme la plus pourchassée au monde», a été saluée par des applaudissements sous la nef de l’abbaye et dans la foule ayant suivi la cérémonie sur des écrans géants à Hyde Park.
Mais sa mise en garde contre la nécessité de protéger les princes William et Henry de l’acharnement de la presse, s’est perdue sur l’instant: dès samedi, William — que les Britanniques préfèrent à son père pour la succession d’Elizabeth selon un sondage publié le jour même — était consacré «prince des cœurs» par la presse. Reprenant ainsi le titre que sa mère avait porté. (AFP)
Diana la «princesse du peuple» est entrée samedi dans la légende, inhumée sur un îlot au cœur des terres ancestrales des comtes Spencer, après des obsèques uniques qui ont bousculé le protocole royal et provoqué une émotion considérable bien au-delà du Royaume-Uni.Ils ont été plus d’un million à s’incliner dans la matinée au passage du cercueil drapé de l’étendard royal, bombardé de fleurs, et accompagné du glas et des pleurs deux heures durant, du Palais de Kensington à l’abbaye de Westminster. «Nous t’aimons, Diana», a lancé la foule tandis que progressait au pas l’attelage tiré par six chevaux, escorté par un détachement de gardes gallois et des policiers à cheval.Le prince Charles, divorcé de Diana voici juste un an, son fils aîné William, deuxième dans la ligne de succession, et le cadet...