L’annonce, accueillie par la population grecque avec un sentiment de revanche, marque symboliquement le retour des JO dans leur berceau historique, à l’aube du troisième millénaire.
La capitale grecque fut le théâtre des joutes antiques avant de devenir celui des premiers Jeux de l’ère moderne, voulus par le Baron Pierre de Coubertin en 1896.
Au terme d’une candidature qu’elle a menée comme un marathon, Athènes a finalement coiffé sur la ligne, au cinquième tour de scrutin, sa rivale et voisine, Rome.
La candidature, soutenue par l’avocate Gianna Angelopoulos, a obtenu 66 voix contre 11 à celle appuyée par le tout-puissant patron de l’IAAF, Primo Nebiolo.
Les Jeux reviennent en Grèce mais plus largement sur le continent européen, après une absence de 12 ans, et les Olympiades de Barcelone.
Si la joie était grande dans le camp athénien, la déception était immense dans celui de ses adversaires, en commençant par Buenos Aires.
Mieux qu’un rêve
La capitale argentine pensait que sa cinquième tentative serait la bonne. Elle fut éliminée au deuxième tour de scrutin par Le Cap. Les Jeux n’iront pas en Amérique latine.
Donnée comme perdante, Stockholm résista jusqu’au troisième tour avant, elle aussi, d’être impitoyablement écartée.
Le Cap, ville symbole d’un pays en renouveau mais également du seul continent à ne jamais avoir accueilli le plus grand événement sportif de la planète, résista jusqu’au quatrième tour puis fut balayé.
L’intervention du président sud-africain Nelson Mandela, salué par une ovation debout des membres du CIO, n’aura pas changé le destin.
Et 108 ans après avoir éclairé le stade Panathinaïkon, la flamme olympique illuminera à nouveau la cité antique.
Trop confiants dans leur victoire annoncée pour l’organisation des Jeux du centenaire en 1996, les Grecs avaient vu leurs espoirs frustrés par Atlanta, la ville de Coca-Cola et de CNN.
Pour cette nouvelle tentative, Athènes adopta une stratégie radicalement différente, confiant son avenir à la charmante et ambitieuse Gianna Angelopoulos, femme d’un riche armateur.
Angelopoulos minimisa la portée historique de la candidature et insista sur les efforts mis en œuvre pour améliorer les infrastructures sportives et les transports dans une ville surpeuplée et polluée.
A l’annonce du nom de sa ville par le président du CIO, Juan Antonio Samaranch, Gianna Angelopoulos a laissé éclater sa joie, tous les membres de sa délégation se congratulant chaleureusement.
«Il n’y a pas de plus beau rêve que celui-là», a déclaré Dionyssis Gangas, membre de la délégation. «C’est mieux que n’importe quel rêve qui pourrait devenir réalité».
«Il est sûr que nous avons d’importantes infrastructures et une superbe organisation», a-t-il ajouté.
A l’appui de sa candidature, Athènes pouvait faire valoir qu’elle disposait déjà de près de trois quarts des installations nécessaires aux compétitions.
Les principaux problèmes à régler seront ceux de la circulation et de la qualité de l’air. (Reuter)

