Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Brahms, Schubert : le quintette akademie à Byblos

Dans le cadre du festival de Byblos, loin du tapage mondain et des spectacles grand public, un concert de musique de chambre. Présenté par le Quintette Akademie (Mannheim) en l’église St-Jean-Marc, ce récital, après avoir été successivement donné au Fakra Club, à l’Abbaye de Balamand, à Deir el-Kamar et à Bickfaya, s’est déroulé dans une atmosphère de piété et de ferveur, sous la nef centrale d’une église illuminée.
Composé d’Erika Kilcher (piano), Jacques Mayencourt (alto), Hartmut Koever (contrebasse), Eckhard Fisher (violin), et Irène Güdel (violoncelle), le quintette allemand «Akademie» avait inclus à son programme deux partitions seulement. Tout d’abord un long et beau quartette en quatre mouvements de Johannes Brahms, et ensuite un touchant quintette en cinq mouvements de Schubert.

Recherche et
souci de clarté
avec un grain
de fantaisie

Dès les premières mesures du quartette op.60 pour piano, violon, alto et violoncelle de Johannes Brahms le ton est à une brillante narration où se mêlent des thèmes variés, avec beaucoup de recherche, un grand souci de clarté et parfois un grain de fantaisie. Lyrisme et ampleur rappelant avec beaucoup de finesse la voix de Schumann ou celle de Beethoven. Atmosphère un peu rêveuse et méditative avec cet «allegro non troppo» où le clavier a des éclats surprenants tout en gardant ordre et mesure, face aux modulations pleines de grâce et de poésie d’un violon et d’un violoncelle inspirés… Joignant en toute douceur un classicisme des plus rigoureux aux élans d’un fiévreux romantisme, l’andante était baigné d’une secrète mélancolie, comme un cœur en peine mais où l’espoir n’est guère absent… Pointe de sérénité se dégageant furtivement d’une tourmente lourde comme un ciel menaçant… Vif, emporté, plein d’une subtile exubérance alliant noblesse et pureté d’un style chargé de motifs séduisants, le dernier mouvement, ce «finale» en «allegro cornodo» est un tourbillon de notes extraordinairement lumineuses. Authentique foisonnement de superbes sonorités jaillies des pages d’une beauté intemporelle que les musiciens servent avec une technique veloutée et un art d’un zèle émouvant.

Une sensibilité
pleine d’une
poésie frémissante

Tout en excellant dans la musique de chambre, Schubert n’en demeure pas moins un merveilleux mélodiste. D’une humeur joyeuse, mais qui cache mal une tristesse affleurant dans plusieurs passages de ses œuvres, l’auteur du «Roi des Aulnes» a ici un ton d’une confondante douceur, d’une extrême élégance. Sans jeter des cris de révolte, ou de désespoir, exprimant presque une pieuse résignation, d’un romantisme feutré, ce quintette en la majeur pour piano, violon, alto, violoncelle et contrebasse est un parfait équilibre de timbres et d’une grande variété d’effets. Sensibilité pleine d’une poésie frémissante, rêve et émotion se partagent ces cinq mouvements tissant de grandes images sonores. Dès «l’allegro vivace» plein de fougue, s’installe une présence chaleureuse qui se manifeste tout au long de la narration. Plus nuancé, presque évanescent, est cet «andante» à la confidence pudique, presque murmurée. Le «scherzo» et le «presto» reprennent un ton plus familier, presque populaire, sans perdre pour autant cet aspect malicieux comme un phrasé de Haendel ni cette élégance, ce charme qu’on retrouve dans la fluidité aérienne d’un Mozart. Rappelant des motifs de l’allegro initial, le dernier «finale» révèle un Schubert aimable et gai paysagiste où la nature est suggérée en teintes estompées tantôt légèrement ensoleillée tantôt solitaire et brumeuse. Avec un sens dramatique aigu, utilisant avec finesse d’insaisissables hésitations dans les développements, recourant avec originalité aux dissonances des accords, mettant en valeur diverses cadences…, L’auditeur est non seulement tenu en haleine mais littéralement subjugué comme sous l’emprise d’un enchantement.

Edgar DAVIDIAN
Dans le cadre du festival de Byblos, loin du tapage mondain et des spectacles grand public, un concert de musique de chambre. Présenté par le Quintette Akademie (Mannheim) en l’église St-Jean-Marc, ce récital, après avoir été successivement donné au Fakra Club, à l’Abbaye de Balamand, à Deir el-Kamar et à Bickfaya, s’est déroulé dans une atmosphère de piété et de ferveur, sous la nef centrale d’une église illuminée.Composé d’Erika Kilcher (piano), Jacques Mayencourt (alto), Hartmut Koever (contrebasse), Eckhard Fisher (violin), et Irène Güdel (violoncelle), le quintette allemand «Akademie» avait inclus à son programme deux partitions seulement. Tout d’abord un long et beau quartette en quatre mouvements de Johannes Brahms, et ensuite un touchant quintette en cinq mouvements de Schubert.Recherche et...