Organisé par l’Association internationale des ressources en eau (AIRE), organisme non gouvernemental à vocation scientifique, il réunit plus d’un millier de spécialistes venus de quelque 120 pays autour du thème «Perspectives en eau au XXIe siècle: conflits et opportunités».
Actuellement, «300 millions de personnes dans 25 pays manquent d’eau douce durant la majeure partie de l’année», selon un document diffusé dans le cadre du congrès. «Faute de solution, en 2050, ce seront les deux tiers de la population de la planète qui seront confrontés à des pénuries d’eau chroniques et aiguës, dont la Chine, l’Inde et le Royaume-Uni».
Rare, mal répartie à la surface de la planète, l’eau potable — qui représente moins de 2,5% de l’ensemble de l’eau sur Terre — est également source de conflits et «déterminante pour la paix et la sécurité». «Tous les pays qui vivent actuellement de graves conflits et des guerres sont des pays manquant d’eau douce», souligne le document.
Ces conflits ne sont pas pour autant inévitables, a déclaré Undala Alam, professeur de géographie à l’Université de Durham en Grande-Bretagne, citant l’exemple de l’Inde et du Pakistan, «deux Etats ennemis» qui depuis 1960 ont réussi à s’entendre par traité sur la gestion des eaux du fleuve Indus.
Paradoxalement, l’abondance d’eau potable dans certains pays comme le Canada pose problème. «Elle crée l’illusion que l’eau est une ressource intarissable et gratuite», a déclaré le maire de Montréal Pierre Bourque en ouvrant la conférence. «Résultat, il y a surconsommation d’eau à Montréal, qui coûte chaque année à la ville quelque 118 millions de dollars» canadiens (85 millions de dollars américains).
Jusqu’à samedi, les participants, dont une douzaine de ministres représentant notamment l’Egypte, l’Ethiopie, le Maroc, le Soudan et la Suède, tenteront d’élaborer les moyens de prévenir les problèmes liés à l’eau. Mécanismes de solution des conflits, politiques et stratégies favorisant la préservation des ressources en eau et gestion de l’eau en période de rareté ou d’inondation sont au nombre des communications au programme. (AFP)

