«Si ce conflit et l’effusion de sang se poursuivent, les circonstances ne seront pas propices pour une visite du pape» Jean-Paul II, a déclaré le patriarche, Mgr Michel Sabbah, lors d’une conférence de presse à Ramallah en Cisjordanie.
Les sanctions imposées récemment par Israël aux Palestiniens et qui ont empêché les pèlerins chrétiens de se rendre sur les lieux saints, notamment à Bethléem où Jésus a vu le jour selon la tradition biblique, ont causé de «sérieuses souffrances», a souligné le prélat.
«Si cela se poursuit ou reprend en l’an 2000, il y aura un vrai problème pour les pèlerins», a-t-il ajouté.
Israël a imposé un blocus militaire de près d’un mois sur Bethléem et sa région à la suite d’un attentat-suicide qui a fait 17 morts, dont les deux auteurs toujours non identifiés, le 30 juillet à Jérusalem.
L’armée israélienne estime qu’un islamiste recherché se cache à Bethléem. En juillet, un atelier de fabrication d’explosifs du Mouvement de la résistance islamique (Hamas) avait été découvert dans les environs de la ville.
Mais pour Mgr Sabbah, les mesures israéliennes représentent «une punition collective imposée à la Terre sainte et aux Palestiniens».
Il a affirmé que les sanctions israéliennes avaient retardé les préparations pour célébrer le 2000e anniversaire de la naissance du Christ à Bethléem.
«Actuellement, nous n’avons pas les capacités sur le terrain pour recevoir les millions de pèlerins attendus pour ces célébrations», a expliqué le prélat.
Appréhension
Le pape avait exprimé dimanche sa vive préoccupation face à la situation dans les territoires palestiniens, notamment à Bethléem.
Jean-Paul II a fait part de sa «très grande appréhension» devant les «fortes tensions» et «les énormes difficultés que la population de Bethléem et de tous les territoires palestiniens doit affronter quotidiennement».
«Je pense avec anxiété à la Terre sainte, d’où depuis les terribles attentats du 30 juillet à Jérusalem, arrivent des informations toujours plus préoccupantes et tristes, sur la situation extrêmement grave notamment à Bethléem», a ajouté le pape.
Mgr Sabbah a estimé que l’Etat hébreu devait reprendre les négociations de paix avec les Palestiniens pour évoquer les questions-clé en suspens, notamment celle du statut de Jérusalem, dont la partie arabe est occupée par Israël depuis 1967.
«Sans une solution politique au statut de la Ville sainte, les célébrations de l’an 2000 pourraient être perturbées», a-t-il dit.
«Nous croyons que la paix est la seule solution, et cela veut dire une liberté et une souveraineté totales pour les Palestiniens, une paix et une sécurité totales pour les Israéliens», a-t-il ajouté.
Mais, a-t-il poursuivi, «la vision politique du (premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu manque de logique et n’aide pas à la conclusion de la paix que nous recherchons».
Mgr Sabbah a notamment cité la décision du gouvernement de droite de M. Netanyahu de lancer à la mi-mars les travaux d’une nouvelle colonie juive, appelée Har Homa dans la partie arabe de Jérusalem, qui a provoqué la colère des Palestiniens, la désapprobation des pays arabes et de la communauté internationale, et le gel du processus de paix.
«Har Homa a été condamnée par tous parce qu’elle touche au statut de Jérusalem où rien ne doit être entrepris sans l’accord des deux parties», a conclu le patriarche. (AFP)


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