La Maison royale a depuis longtemps fixé les bornes en intentant des actions en justice quand les limites ont été dépassées, explique la secrétaire du syndicat des journalistes et photographes (NVJ), Inge Brakman.
Ainsi, la princesse Irene avait gagné un procès contre des journalistes qui avaient pourchassé ses enfants jusqu’à leur école et l’époux de la reine Beatrix, le prince Claus, avait obtenu justice après la publication de mensonges à son sujet, se souvient la syndicaliste.
Les derniers cas ayant défrayé la chronique remontent à 1992: des publicitaires irrévérencieux qui avaient utilisé l’image du prince Constantin, le fils cadet de Béatrix, et du prince Bernhard, le père de la reine, avaient été fermement rappelés à l’ordre par la Maison royale. Celle-ci avait exigé le versement d’une compensation financière à une association de protection de la nature sous menace de poursuites judiciaires.
«C’est sans doute cette jurisprudence qui fait la différence», analyse la secrétaire du NVJ, assurant qu’«il n’y a pas de paparazzi aux Pays-Bas au sens où on l’entend en Grande-Bretagne ou en France, par exemple».
Ainsi, la famille royale ne fait que très rarement la une des médias néerlandais. «Elle essaye, autant que possible, de ne pas faire parler d’elle et n’utilise jamais les médias pour faire sa publicité», précise Inge Brakman.
Seules les quelques «aventures» du prince héritier Willem-Alexander (célibataire âgé de 30 ans) font couler un peu d’encre dans les magazines à ragots.
Selon le président du syndicat, Ron Abram, les médias néerlandais «restent à peu près tous dans les limites décentes» et les magazines populaires publiés aux Pays-Bas sont de «petits trésors», par rapport à leurs confrères britanniques.
L’autorégulation
Toutefois, si les membres de la famille royale sont relativement épargnés par les ragots, le traitement réservé par la presse à sensation aux stars néerlandaises du cinéma et de la TV relève bien du harcèlement.
«Il est temps de mettre en place un code pour réglementer tout ça», a déclaré l’un des magnats de la télévision néerlandaise, Joop van den Ende.
Apôtre de l’«autorégulation» de la profession, le NVJ refuse en revanche le contrôle du travail des journalistes en amont: «c’est après la diffusion des informations qu’il faut contrôler si les limites ont été franchies». Ceci est la tâche du Conseil des journalistes, créé dans les années 1970. Reste que la seule sanction qu’il peut infliger est la publication d’un rectificatif.
«Lady Di était suivie 365 jours sur 365, 24 heures sur 24. Aux Pays-Bas, personne n’est soumis à une telle pression. Et c’est grâce à notre type de public», assure la rédactrice en chef de l’hebdomadaire populaire «Privé», Wilma Nanninga. Celle-ci souligne aussi que les tarifs payés pour des photos au pays des polders n’ont rien de comparable avec ceux pratiqués dans la perfide Albion. (AFP)

