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Actualités - Chronologie

Le joyau et la bête noire de la couronne britannique

Elle était le joyau de la Couronne britannique mais aussi sa bête noire. Dès l’instant où elle ravit les cœurs des Britanniques, qui découvrirent il y a seize ans une jeune fille timide et rougissante au bras du prince Charles, leur futur roi, le destin de la monarchie britannique devint intimement lié à celui d’une femme destinée à ne jamais devenir reine.

Avec la disparition soudaine et tragique de la princesse Diana à l’âge de 36 ans, la famille royale va devoir apprendre à vivre sans la superstar, qui était apparue comme son «sésame» pour le XXIe siècle, avant d’être considérée comme une menace à sa survie.
Les spécialistes de la royauté estiment qu’il est encore trop tôt pour évaluer l’impact que sa mort aura sur l’avenir de la monarchie.
Depuis son divorce, il y a douze mois, elle était considérée comme un membre «partiel» de la famille royale. Séparée du prince Charles, elle demeurait la mère du futur roi et ne pouvait, à ce titre, être totalement ignorée.
Les psychologues prédisent une vague de colère, de chagrin et de culpabilité aux conséquences imprévisibles sur la monarchie.
«Diana n’était pas simplement une icône nationale, la belle princesse des contes de fées. Nous (les Britanniques) la percevions comme quelqu’un qui était finalement très semblable à nous à de nombreux titres», estime le psychologue Cary Cooper de l’université de Manchester.
«Non seulement elle avait de la compassion, mais elle était aussi quelqu’un de vulnérable qui avait besoin d’amour, et qui dévoilait sa fragilité, ce que nous sommes tous» a-t-il ajouté.
Après une décennie marquée par des mariages à l’eau de rose virés au vinaigre, des scandales, des adultères et des sondages toujours plus favorables au régime républicain, la Maison des Windsor commençait à peine ces derniers temps à manifester des signes de retour au calme.
Un an après le divorce entre Diana et Charles, la reine Elizabeth et le prince Philip ont célébré leurs noces d’or dans une atmosphère renouvelée, fût-elle discrète, de réjouissances nationales.
Des projets ont été mis à l’étude pour réduire les frais engendrés par les palais de la Couronne, réviser les lois archaïques qui donnent aux héritiers mâles la préséance sur leurs sœurs, et rehausser l’image du prince Charles.
Selon un sondage rendu public le mois dernier, la cote de popularité de la monarchie britannique est tombée pour la première fois sous la barre des 50%.
Mais la reine, âgée de 71 ans, a toujours su conserver le respect des Britanniques, et même Charles, relégué au rôle de mari infidèle ayant trahi l’amour de Diana pour celui d’une autre femme, commençait à regagner les faveurs du peuple.

Versatile et imprévisible

Néanmoins, tous les regards restaient fixés sur la princesse qui, bien que privée de son titre d’altesse royale, est morte comme elle a vécu, pourchassée par les objectifs qu’elle avait recherchés et condamnés tour à tour.
Dans les premières années de son mariage, l’attention des médias était recherchée par la famille royale, qui ouvrait les portes du palais à ce qu’elle considérait comme l’instrument de propagande de l’image d’une famille heureuse, respectée et aimée de ses sujets.
La «Sainte Diana» née avec la compassion de la princesse pour les malades du sida, les sans-logis et les malades a conféré à la famille royale, aisée et privilégiée, une aura bénéfique.
Mais au fur et à mesure de l’effondrement du mythe de son mariage avec le prince Charles, orchestré en grande partie par Diana elle-même, l’image de la famille royale a subi un coup dont elle ne s’est toujours pas complètement remise.
Dans un entretien accordé en 1995 à la BBC sans l’accord préalable de Buckingham, Diana fit endosser à la famille royale le rôle de l’ennemi, qui avait perçu comme une menace sa compassion et son aisance naturelle avec les gens du peuple.
Dans l’un des épisodes les plus critiques pour la monarchie, elle jeta le doute sur la volonté et la capacité du prince Charles à devenir roi et s’engagea à «ne pas partir silencieusement». «Je me battrai jusqu’au bout», avait-elle alors assuré.
Versatile et imprévisible, elle avait suscité la colère de l’establishment en donnant l’impression de se mêler de politique dans le cadre de sa campagne contre les mines anti-personnel.
Au cours des deux derniers mois, elle renonça à toute prudence pour s’engager dans une relation amoureuse avec l’Egyptien Dodi Fayed , dont le père souffre en Grande-Bretagne d’une réputation entachée par un scandale de pots-de-vin versés à des hommes politiques pour voir ses intérêts représentés au Parlement.
Etalée à la «une» des journaux du monde entier, leur liaison fut jugée peu convenable pour une princesse britannique — fût-elle membre «partiel» de la famille royale.
Privés de celle qui distrayait et polarisait en même temps l’attention des médias sur la famille royale, il est probable que les médias concentrent leur attention sur ses deux fils et héritiers, William et Harry, et sur le prince Charles.
Sa relation amoureuse de longue date avec Camilla Parker-Bowles devrait devenir désormais le seul feuilleton royal digne d’intérêt aux yeux des médias.
Mais le chagrin de toute une nation était résumé dans un message qui figurait parmi les fleurs déposées dimanche tout autour de la résidence londonienne de Diana, Kensington palace.
«La nation a perdu un joyau plus précieux que tout son empire» dit-on aujourd’hui. (Reuter).
Elle était le joyau de la Couronne britannique mais aussi sa bête noire. Dès l’instant où elle ravit les cœurs des Britanniques, qui découvrirent il y a seize ans une jeune fille timide et rougissante au bras du prince Charles, leur futur roi, le destin de la monarchie britannique devint intimement lié à celui d’une femme destinée à ne jamais devenir reine.Avec la disparition soudaine et tragique de la princesse Diana à l’âge de 36 ans, la famille royale va devoir apprendre à vivre sans la superstar, qui était apparue comme son «sésame» pour le XXIe siècle, avant d’être considérée comme une menace à sa survie.Les spécialistes de la royauté estiment qu’il est encore trop tôt pour évaluer l’impact que sa mort aura sur l’avenir de la monarchie.Depuis son divorce, il y a douze mois, elle était...