L’apparition de baleines près des côtes varoises ou des Alpes-Maritimes (sud-est de la France) cet été, divise les spécialistes des cétacés sur les raisons qui poussent ces habitués du large à se rapprocher ainsi du rivage.
A plusieurs reprises depuis juillet, des rorquals communs ont été aperçus à quelques centaines de mètres des côtes, dans la rade de Villefranche-sur-mer, à l’est de Nice, ou dans la baie des Canoubiers, à Saint-Tropez, des zones pourtant très fréquentées par les plaisanciers.
Ces cétacés qui, habituellement restent entre 20 et 40 miles des côtes, des zones de 200 mètres de fonds minimum, ne viennent pas pour s’échouer, comme l’ont pu craindre un moment les spécialistes, mais pour manger. Et les thèses de prolifération ou de raréfaction du plancton dont ils se nourrissent opposent ces spécialistes.
«Cette année, il y a eu un phénomène climatique exceptionnel qui a retardé le développement des gélatineux du plancton. Mais par la suite, il y a eu une prolifération énorme de plancton au large. Cette masse planctonique se segmente et les baleines suivent ces garde-mangers qui se détachent près des côtes», explique M. Jean-Pierre Sidois, vice-président de l’association SOS Grand Bleu, basée à Saint-Jean-Cap-Ferrat.
«Ces développement anormal du plancton a d’ailleurs attiré d’autres espèces en Méditerranée, comme des tortues ou des raies manta, ce qui est inhabituel», ajoute-t-il, tirant ses conclusions après quatre semaines d’intenses observations avec l’aide de deux bateaux et des chercheurs du laboratoire de zoologie marine de Villefranche-sur-mer.
«Il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives», indique pour sa part Mike Riddell, président de l’association RIMMO (Réserve internationale maritime en Méditerrannée occidentale), basée à Antibes et organisatrice de l’opération Delphis 97 mi-juillet, ayant pour but le recensement des mammifères marins en mer Ligure.
«En 1995, on pouvait constater de grands essaims de krills (micro-crevettes formant le zoo-plancton), ce qui ne s’est pas renouvelé depuis deux ans». (AFP)

