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Actualités - Chronologie

Une caricature crève l'abcès du malaise interne palestinien

Un dessinateur amateur palestinien était loin d’imaginer qu’il allait crever l’abcès d’un malaise occulté avec sa caricature sur les relations difficiles entre Palestiniens revenus d’exil et ceux des territoires.

Paru dans le supplément Jeunesse du quotidien «al-Ayyam», le dessin montre un jeune employé croulant sous les paquets, qui essuie les foudres de sa patronne parce qu’il ne marche pas assez vite. Le garçon laisse éclater sa colère contre «l’arrogance de ces gens revenus d’exil».
Les lecteurs comprennent que le garçon est né dans les territoires occupés et que son employeuse est une ancienne exilée revenue après l’établissement de l’autonomie palestinienne en 1993.
Des dizaines d’appels téléphoniques indignés de responsables de «différents calibres» de l’Autorité palestinienne ont accueilli la publication du dessin.
«Je n’ai jamais imaginé que notre supplément était lu par autant de hauts responsables», note Sirine Halila, une journaliste d’«al-Ayyam» en charge du supplément. «Le téléphone n’a pas cessé de sonner et les réactions indignées se sont multipliées, y compris une mise en garde d’un haut responsable de Ramallah», ajoute-t-elle.
L’auteur du dessin, Alaa Malki, avoue avoir paniqué en apprenant la nature des réactions, mais ce lycéen de 17 ans continue de revendiquer son œuvre.
«J’entends des dizaines d’histoires sur les Palestiniens revenus d’exil qui malmènent les policiers ou qui garent leurs voitures de luxe dans les emplacements interdits». Ce genre de comportement «mérite d’être discuté publiquement», dit-il.

Choc prévisible

Dima, qui fréquente le même lycée, est revenue avec sa famille d’un long exil en Algérie. Elle estime que ses semblables sont injustement accusés des difficultés des Palestiniens de l’intérieur.
«Nous sommes accusés d’avoir provoqué une flambée des prix, d’importer des voitures de luxe sans payer de droits de douane et d’être à l’origine de la crise du logement. Mais nous avons renoncé à beaucoup de choses en exil pour revenir nous installer dans notre pays», dit-elle.
En cantonnant les Palestiniens de l’intérieur dans le rôle d’employés au service de ceux revenus d’exil, le dessin révèle la tension entre ces deux composantes de la société palestinienne.
Les responsables revenus d’exil tentent, dans leurs discours publics, d’escamoter cet antagonisme en insistant sur «l’unité du peuple palestinien, toutes catégories confondues».
Mais, ils se voient reprocher en privé d’avoir accaparé tous les postes de responsabilité au sein de l’Autorité palestinienne et de ses services de sécurité.
Ils sont aussi accusés d’avoir adopté un mode de vie qui ne respecte pas le caractère conservateur de la société palestinienne et d’étaler leur richesse devant une population qui souffre des effets du blocage israélien.
«Le choc était prévisible, ceux qui sont revenus ont longtemps baigné dans des sociétés culturellement plus ouvertes, alors que les Palestiniens de l’intérieur se sont repliés sur eux-mêmes sous l’effet de l’occupation», note un universitaire de l’intérieur qui tient à garder l’anonymat.
«Les deux catégories ont besoin de temps pour s’adapter l’une à l’autre», reconnaît le poète Zaghtane, revenu d’exil.
Selon lui, «les exilés avaient une vision romantique de la patrie, mais n’ont trouvé qu’un pays comme les autres et les Palestiniens de l’intérieur imaginaient les combattants de l’OLP en exil en révolutionnaires purs mais n’ont découvert que des hommes ordinaires». (AFP)
Un dessinateur amateur palestinien était loin d’imaginer qu’il allait crever l’abcès d’un malaise occulté avec sa caricature sur les relations difficiles entre Palestiniens revenus d’exil et ceux des territoires.Paru dans le supplément Jeunesse du quotidien «al-Ayyam», le dessin montre un jeune employé croulant sous les paquets, qui essuie les foudres de sa patronne parce qu’il ne marche pas assez vite. Le garçon laisse éclater sa colère contre «l’arrogance de ces gens revenus d’exil».Les lecteurs comprennent que le garçon est né dans les territoires occupés et que son employeuse est une ancienne exilée revenue après l’établissement de l’autonomie palestinienne en 1993.Des dizaines d’appels téléphoniques indignés de responsables de «différents calibres» de l’Autorité palestinienne ont...