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Actualités - Chronologie

La vente d'organes humains, un commerce lucratif aux Philippines

Toshio Okano et Kazuo Mori, des Japonais, étaient venus aux Philippines pour acheter et se faire greffer un rein. Pour tous deux le voyage s’est révélé fatal.

Des étrangers en provenance du Japon, Corée, Micronésie et Arabie Séoudite, las des longues listes d’attente chez eux, viennent fréquemment aux Philippines pour échanger des dollars contre un rein.
Selon des informations obtenues cette semaine auprès de l’hôpital Saint Luc de Manille, Okano et Mori ont trouvé leurs donneurs par un intermédiaire établi au Japon et marié à une Philippine, Kenichi Watanabe.
L’hôpital, qui a fait ces révélations en raison de divulgations récentes par Watanabe, explique que des immunosuppresseurs sont donnés aux patients avant l’opération pour éviter le rejet des organes. Ce traitement affaiblissant la résistance de l’organisme, celui-ci peut alors développer des tumeurs comme cela a été le cas pour Mori décédé en juin, un an après son opération.
Okano est mort en 1994 des suites d’une infection due à l’extraction d’une dent juste avant son opération.
L’affaire de Watanabe, basée à Tokyo Star Japan, trouve ses clients par petites annonces et les transporte ensuite aux Philippines pour la quête de l’organe recherché.
Dans un pays où 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, la vente d’un rein pour des dollars peut être alléchante.
Selon les dossiers de l’hôpital Saint Luc, les rencontres entre Mori et Okano et leurs donneurs potentiels pour des tests de compatibilité ont été organisées par Watanabe.

24.000 dollars pièce

«Nous ne savons pas quelles ont été les compensations pour les donneurs, ni leur montant», ont souligné des officiels de l’hôpital.
Watanabe, selon les mêmes sources, réglait les frais d’hôpital qui s’élèvent pour une greffe de rein à 20.000 dollars sans compter les honoraires du chirurgien, les tests de sélection du donneur, et les soins pré et postopératoires.
Mori et Akano ont payé chacun à Watanabe, en sus, quelque 26.000 dollars pour le rein lui-même, selon des sources informées à Manille.
«Notre préoccupation en tant que médecins est que donneur et patient soient compatibles», a déclaré Rose Marie Liquete, chef chirurgien au département des greffes de Saint Luc, qui a ajouté: «Nous nous assurons auprès du patient qu’il est bien certain de vouloir faire ce qu’il fait».
Beaucoup des greffes effectuées ont été un succès, mais la mort des deux Japonais a ravivé le débat aux Philippines sur l’éthique des transactions d’organes.
Le directeur de la prison de Manille, Vicente Vinarao, a reconnu que nombre de prisonniers dans le passé avaient vendu un rein.
Les dossiers de la prison indiquent que de 1975 à 1992, année où l’établissement a interdit la pratique, 51 prisonniers ont vendu un rein. Dans trois cas, l’organe a été reçu par des personnes au nom de consonance japonaise.
Un officiel de l’ambassade du Japon à Manille, Hikaru Fukuda, a commenté le cas de MM. Mori et Okano en soulignant que l’achat de l’organe d’un donneur en vie était un acte «immoral», ajoutant que les soins médicaux aux Philippines n’étaient «pas aussi sûrs qu’au Japon».
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé en 1989 à ses membres, dont les Philippines, de prendre des mesures pour interdire le trafic d’organes.
L’hôpital Saint Luc a également procédé à des greffes sur des citoyens de Micronésie et d’Arabie Séoudite.
Un autre hôpital a dit avoir effectué des greffes de rein sur deux Coréens.
D’autres institutions, comme l’Institut national de la greffe du rein (NKTI), effectuent des greffes sur des patients en provenance de l’étranger, explique le Dr. Liquete, qui est affiliée au NKTI.
Selon Filoteo Alano, directeur de l’Institut, la législation philippine n’interdit pas la vente des reins. Le NKTI, a-t-il souligné, ne pratique pas de greffes d’organes «provenant d’un donneur non apparenté au patient». (AFP)
Toshio Okano et Kazuo Mori, des Japonais, étaient venus aux Philippines pour acheter et se faire greffer un rein. Pour tous deux le voyage s’est révélé fatal.Des étrangers en provenance du Japon, Corée, Micronésie et Arabie Séoudite, las des longues listes d’attente chez eux, viennent fréquemment aux Philippines pour échanger des dollars contre un rein.Selon des informations obtenues cette semaine auprès de l’hôpital Saint Luc de Manille, Okano et Mori ont trouvé leurs donneurs par un intermédiaire établi au Japon et marié à une Philippine, Kenichi Watanabe.L’hôpital, qui a fait ces révélations en raison de divulgations récentes par Watanabe, explique que des immunosuppresseurs sont donnés aux patients avant l’opération pour éviter le rejet des organes. Ce traitement affaiblissant la résistance de...