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Actualités - Chronologie

Londres impose des restrictions sévères à la divulgation de l'identité des pédophiles

Le gouvernement britannique a doté la police d’un code de conduite autorisant sous conditions sévères la divulgation de l’identité des pédophiles réputés dangereux, dans le but avoué d’éviter les actions d’autodéfense et le passage des pédophiles à la clandestinité.
La nouvelle règle a été très bien accueillie, tant par la police que par les associations de protection de l’enfance et celle des officiers chargés du contrôle judiciaire, qui y ont vu un garde-fou renforçant à la fois la protection des enfants et le contrôle des criminels.
«Le gouvernement a eu raison d’exclure une dénonciation systématique à l’américaine, qui conduit à des réactions de groupes d’autodéfense», a estimé Paul Cavadino, président d’une association de réinsertion.
Le gouvernement a manifestement voulu éviter les effets pervers de législations très souples, comme la «loi Megan» aux Etats-Unis, du nom d’une petite fille violée et tuée par un récidiviste, et dont la mère avait porté avec succès jusqu’à la Maison-Blanche sa campagne pour la publication la plus large de l’identité des pédophiles.
En Grande-Bretagne même, où la publication des noms était jusqu’à présent laissée à la discrétion des forces de police locales, les incidents graves n’ont pas manqué.
A Manchester, où le journal «Manchester Evening News» s’est fait une spécialité de la dénonciation publique des pédophiles, dont il tient un fichier maison, un vieil homme a été pratiquement battu à mort par des voisins qui l’avaient confondu avec l’un des criminels.

Au cas par cas

A Edimbourg, l’an dernier, un homme récemment libéré de prison a été tué à coups de couteau par une foule en colère. A Aberdeen, d’anciens détenus ont par deux fois échappé de peu à l’incendie de leur maison par leurs voisins. En 1994, une fillette avait péri dans l’incendie volontaire de sa maison, d’où le pédophile qui l’avait un temps habitée avait déménagé depuis longtemps.
«Il y a eu des cas où des gens innocents ont été attaqués sur la base d’informations incomplètes ou mal comprises», a rappelé le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Alun Michal. «Les actions d’autodéfense se produisent lorsque les gens n’ont pas confiance dans le fait que la police utilisera les informations pour protéger les enfants», a-t-il ajouté.
En faisant de la révélation de leur identité l’exception plutôt que la règle, le gouvernement entend aussi éviter que les pédophiles, «craignant pour leur sécurité, entrent dans la clandestinité, augmentant le risque de récidive», a noté l’association des contrôleurs judiciaires.
«Il y a des pressions du public, bien compréhensibles, pour une information plus large», a dit Tony Butler, représentant les officiers de police, «mais il est important de juger au cas par cas».
En concertation avec le contrôle judiciaire et des psychiatres, la police pourra décider d’avertir les chefs d’établissements scolaires et les responsables d’organisations de jeunes de la présence dans leur voisinage d’un pédophile.
Le nouveau code de conduite sera opérationnel le 1er septembre, date à laquelle sera ouvert un nouveau fichier national recensant les 9.000 condamnés pour crimes sexuels, qu’ils soient en prison, en liberté conditionnelle ou surveillée.
Nouvelle précaution, des particuliers, par exemple des employeurs potentiels, ne pourront avoir accès à ce fichier que sur décision d’un juge. (AFP)
Le gouvernement britannique a doté la police d’un code de conduite autorisant sous conditions sévères la divulgation de l’identité des pédophiles réputés dangereux, dans le but avoué d’éviter les actions d’autodéfense et le passage des pédophiles à la clandestinité.La nouvelle règle a été très bien accueillie, tant par la police que par les associations de protection de l’enfance et celle des officiers chargés du contrôle judiciaire, qui y ont vu un garde-fou renforçant à la fois la protection des enfants et le contrôle des criminels.«Le gouvernement a eu raison d’exclure une dénonciation systématique à l’américaine, qui conduit à des réactions de groupes d’autodéfense», a estimé Paul Cavadino, président d’une association de réinsertion.Le gouvernement a manifestement voulu éviter les...