M. Ataollah Mohadjerani, choisi par le président iranien Mohammad Khatami comme ministre de la Culture, s’est dit hostile samedi «au moindre dialogue» entre l’Iran et les Etats-Unis.
«Dans l’état actuel des choses, je refuse même le moindre dialogue» avec les Etats-Unis, a souligné M. Mohadjerani, cité par l’agence officielle IRNA.
Cette déclaration intervient alors que M. Mohadjerani se trouve depuis plusieurs jours sous le feu des critiques des milieux intégristes et conservateurs, opposés à sa nomination au poste de ministre de la Culture et de l’Orientation islamique.
Le président Khatami a remis mardi dernier au Parlement la liste des 22 ministres de son gouvernement, qui doit obtenir l’approbation des députés à partir de mardi.
M. Mohadjerani, qui fut vice-président de la République sous l’ancien président, Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, avait provoqué un tollé en avril 1990 en proposant de reprendre le dialogue avec les Etats-Unis pour normaliser les relations entre Téhéran et Washington.
Il a été également à l’origine d’un livre sur «le complot» des «Versets sataniques» de l’auteur britannique Salman Rushdie, condamné à mort en février 1989 par l’imam Khomeiny, le fondateur de la République islamique décédé en juin de la même année.
Les milieux intégristes reprochent à M. Mohadjerani son penchant pour les Etats-Unis et l’accusent d’être favorable à la levée de la fatwa (décret religieux) contre Salman Rushdie.
«Il est vraiment étonnant et regrettable qu’il soit accusé de défendre Rushdie alors qu’il a été la première personnalité du régime à avoir justifié la «fatwa» de l’imam», a indiqué le journal modéré «Ettélé’at», dont M. Mohadjerani est éditorialiste.
Les milieux conservateurs ont laissé entendre ces derniers jours que M. Mohadjerani ainsi qu’au moins deux autres ministres du Cabinet de M. Khatami auraient du mal à obtenir la confiance du Parlement où la faction conservatrice est majoritaire. (AFP)

