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Actualités - Discours

Inde : un cinquantenaire de l'Indépendance sur une note plutôt sombre (photos)

Le premier ministre Inder Kumar Gujral a solennellement hissé le drapeau indien vendredi à New Delhi, marquant le jour du cinquantenaire de l’indépendance de l’Inde, sur une note plutôt sombre, par un appel à la lutte contre la «corruption qui dévore le pays».
Au son des trompettes, M. Gujral a hissé au petit matin un grand drapeau orange, blanc et vert frappé d’une roue sur les remparts du Fort Rouge construit au XVIIe siècle par les empereurs moghols.
Quelque 20.000 invités, dont beaucoup d’écoliers en uniformes qui ont chanté l’hymne national, ont assisté à cette cérémonie, traditionnelle dans la vieille ville de Delhi depuis le 15 août 1947, lorsque prirent fin deux siècles de domination britannique en Inde.
Une salve de 21 coups de canon a été tirée, alors que des hélicoptères et des avions de chasse survolaient la ville, laissant derrière eux de longues traînées oranges, blanches et vertes, et arrosant la foule de pétales de rose.
Leur manœuvre a cependant provoqué la chute d’un ballon gonflable représentant un symbole national, quatre lions dorés assis sur une roue, qui s’est renversé sous l’effet du vent.
S’adressant, derrière une vitre blindée, à d’anciens premiers ministres et à des centaines d’hommes politiques, M Gujral, 77 ans, a dénoncé la corruption qui, a-t-il dit, est «partout» et «dévore le pays».
«Il nous faut la combattre ensemble», a-t-il lancé, promettant «aucun répit» dans cette lutte.

Appel à une campagne nationale

M. Gujral a réaffirmé la souveraineté de l’Inde sur le Cachemire, plaie non cicatrisée depuis la partition de l’Inde et du Pakistan, il y a également un demi-siècle.
Il a appelé à une campagne nationale contre la pauvreté, l’illettrisme qui touche 48% des 960 millions d’Indiens, pour les droits de la femme, pour l’«indépendance économique».
Son discours a fait écho à celui prononcé par le président indien K.R. Narayanan, peu après minuit au parlement où avait été recréé la nuit historique du 14 au 15 août 1947 lors de laquelle le dernier vice-roi des Indes, Lord Mountbatten, avait remis le pouvoir à Jawaharlal Nehru, premier Premier ministre de l’Inde indépendante.
Dans une réponse réaliste, voire pessimiste, à la question qu’avait posée Nehru 50 ans plus tôt — «sommes-nous assez courageux et sages pour saisir cette occasion et accepter le défi de l’avenir?» —, M. Narayanan, premier président indien issu des «intouchables», s’était dit «douloureusement conscient de la détérioration qui se produit dans notre pays et notre société».
Tout en soulignant les succès «impressionnants» de l’Inde démocratique, son unité, ses progrès économiques, il avait dénoncé «l’opportunisme» politique, la corruption, la violence entre communautés, les mauvais traitements infligés aux femmes et aux basses castes.
Ces «maux sociaux» (...) vont s’accroissant, faisant du tort au nom de l’Inde dans le monde», avait-il averti.
Des milliers de personnes — moins que les 50.000 attendues, loin du million d’Indiens qui avaient célébré avec émotion l’indépendance cinquante ans plus tôt — venaient d’achever au centre de New Delhi pavoisée et illuminée une grande «Marche de la nation» censée symboliser la détermination du peuple indien «à marcher vers la paix et le bonheur».
Ces discours reflétaient l’auto-flagellation officielle à la mode ces derniers mois à New Delhi. La presse vendredi matin a donné dans le même ton, estimant que s’il y avait bien des raisons de se réjouir, la vision de l’Inde exposée en 1947 par Nerhu avait été trahie, et reprenant les mots célèbres de Nehru en 1947, appelant à un nouveau «rendez-vous avec le destin». (AFP)
Le premier ministre Inder Kumar Gujral a solennellement hissé le drapeau indien vendredi à New Delhi, marquant le jour du cinquantenaire de l’indépendance de l’Inde, sur une note plutôt sombre, par un appel à la lutte contre la «corruption qui dévore le pays».Au son des trompettes, M. Gujral a hissé au petit matin un grand drapeau orange, blanc et vert frappé d’une roue sur les remparts du Fort Rouge construit au XVIIe siècle par les empereurs moghols.Quelque 20.000 invités, dont beaucoup d’écoliers en uniformes qui ont chanté l’hymne national, ont assisté à cette cérémonie, traditionnelle dans la vieille ville de Delhi depuis le 15 août 1947, lorsque prirent fin deux siècles de domination britannique en Inde.Une salve de 21 coups de canon a été tirée, alors que des hélicoptères et des avions de chasse...