La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), qui a déposé vendredi une intervention écrite et est intervenue oralement hier devant la sous-commission, a affirmé que «les arrestations opérées par les forces de sécurité ressemblent souvent aux enlèvements forcés effectués par les groupes terroristes armés».
«Elles se font sans mandat en civil et dans des voitures banalisées», affirme l’organisation, qui dénonce «la détention au secret dans des centres non officiels».
L’organisation non gouvernementale, qui a mené fin avril une mission sur place dont les premiers résultats avaient été rendus publics en mai à Paris lors d’une conférence de presse, affirme avoir reçu témoignage «notamment d’avocats de détenus» sur de mauvais traitements et tortures systématiquement infligés. Des mineurs sont bastonnés, flagellés, on les fait suffoquer, on leur passe de l’électricité sur les parties génitales, prétend la Fédération.
Elle évoque aussi les cas de disparitions forcées «dont 2.000 sont imputables aux forces de sécurité» et évoque «l’élimination physique de suspects», une méthode expéditive «qui est apparue largement répandue».
Répondant à ces accusations, l’ambassadeur Mohamed-Salah Dembri a rejeté avec force ces accusations, qu’il estime consécutives à une enquête «bâclée et expédiée en six jours… à partir de données spécieuses qui n’ont pas fait l’objet d’une procédure contradictoire ni de vérifications méthodiques».
Il s’étonne de ne trouver dans le texte aucune référence aux réformes, à l’essor du pluralisme et de l’Etat de droit, et aux élections pluralistes sous contrôle international.
L’ambassadeur s’indigne également de constater que dans l’intervention orale de la FIDH, lundi, ne figure «aucune condamnation du terrorisme abject, barbare qui en Algérie s’attaque aux femmes, aux enfants, aux agents du culte ou aux étrangers».
Dans son intervention écrite, en revanche, la FIDH «condamne sans réserve les massacres et autres crimes imputables à des groupes islamistes» et qu’elle «reconnaît le droit et le devoir des autorités algériennes d’en poursuivre et réprimer les responsables».
Les experts de la sous-commission sont réunis du 4 au 29 août pour examiner les atteintes aux droits fondamentaux dans le monde. Leurs avis sont transmis à la commission des droits de l’homme qui peut ensuite adopter des résolutions contre les pays où des manquements sont observés. (AFP)

