Ces espions électroniques qui inondent de lumière et filment toute personne s’approchant de nuit des conteneurs colorés réservés au verre, à l’aluminium ou au PVC se multiplient.
Il s’agit de dissuader les rebelles de déposer clandestinement leurs ordures ménagères ou encore leurs batteries et pneus usés dans les conteneurs.
12 communes ont en outre créé des postes de «conseiller en ordures» pour les habitants afin de diminuer les coûts de recyclage.
La commune de Duebendorf a chiffré récemment à 120.000 francs (80.000 dollars) le coût annuel de l’enlèvement des ordures déposées illégalement de ses 10.000 habitants.
Dernière en date, la commune de Dietlikon s’est offert un système qui provoque l’allumage d’un projecteur au passage d’un être humain et la mise en marche d’une caméra qui suit ses mouvements.
Uster, sa voisine, a installé un système analogue souhaitant aussi éviter que soient «récupérés» la nuit des déchets qu’elle revend normalement au poids du cuivre ou de l’aluminium.
La région alémanique, terreau de la vague verte helvétique, est pourtant à la pointe du tri sélectif des ordures qui, selon ses défenseurs, a permis de réduire d’un tiers le coût de leur traitement.
Le journal romand «l’Hebdo» évoquait récemment, non sans ironie, «ce chromosome particulier qui pousse les Alémaniques à trier sans relâche leurs déchets pour les entasser dans des poubelles lourdement taxées et achetées à prix d’or».
«Tourisme des poubelles»
Un sac-poubelle au format réglementaire coûte en effet jusqu’à 3 USD et d’aucuns commencent à trouver excessif leur budget «Suisse propre».
A Zurich, des ombres furtives déposent ainsi nuitamment sous les ponts des sacs non conformes, remplis à ras bord. A Bâle, des gens âgés et peu fortunés jettent clandestinement leurs ordures dans les corbeilles des abribus.
Ces comportements, qui ont surpris dans la région alémanique, sont dictés par des raisons financières, admettent les communes, la fraude n’étant pas un sport national en Suisse.
Certains Zurichois ou Bernois pratiquent aussi le «tourisme des poubelles». Profitant d’une promenade dominicale, ils déposent illégalement leurs ordures dans des communes lointaines.
Les sacs-poubelle sont différents selon les communes, toujours pour éviter la fraude.
Mais gare aux délateurs zélés et aux brigades spécialement mises sur pied pour traquer le fraudeur. Leurs agents n’hésitent pas à vider les sacs non réglementaires qu’ils trouvent dans les conteneurs de quartier pour tenter d’identifier l’auteur du délit qui devra alors acquitter une amende dissuasive.
S’apercevant qu’à l’occasion d’une collecte de vieux papiers, des Bernois mettaient des ordures au fond de sacs ordinaires, les recouvrant d’un vieux magazine, les autorités exigent désormais que les journaux soient ficelés pour éviter ce type de manquement civique. (AFP)

