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Actualités - Analyse

Revue hebdomadaire des marchés financiers Dollar très recherché à Beyrouth

Après l’éphémère regain d’intérêt pour les placements en livre libanaise, dû à la levée des restrictions imposées aux Américains désireux de se rendre au Liban, un changement de climat devait s’opérer la semaine dernière sur le marché des changes de Beyrouth, consécutivement à la brusque dégradation de la situation au Liban-Sud. De fait, nombre d’opérateurs, qui voyaient dans cette décision américaine une motivation pour les investissements étrangers au Liban, ne tardaient pas à être pris de court par la psychose d’une escalade militaire d’envergure. Cela d’autant que les inquiétudes relatives à la situation politique intérieure agissaient dans le même sens.
En effet, le «billet vert», d’offert qu’il était pour frôler le bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (B.D.L.) lundi dernier, devenait dès le lendemain très recherché après qu’un commando israélien eut placé une charge explosive tuant cinq membres du «Hezbollah» qui avait promis une «riposte dure». Et à partir de mercredi, le marché semblait engagé dans un engrenage inexorable devant la réticence des agents financiers à vendre le dollar et le développement de la demande locale jusqu’au point supérieur d’intervention de la B.D.L.
C’est ainsi qu’après un départ au début de la semaine entre 1533,00 et 1541,50 L.L. et au taux moyen indicatif à 1537,25 L.L. tout en se négociant pratiquement entre 1534,25 et 1534,75 L.L., la devise américaine, faute de contrepartie à la vente, devait fluctuer ensuite, et jusqu’à la veille du week-end, au haut de la fourchette d’intervention de la B.D.L. ramené par celle-ci de 1542,00 à 1541,50 L.L. dès jeudi dernier tout en maintenant le bas de cette fourchette à 1532,50 L.L. De cette évolution d’une semaine à l’autre le dollar s’est traité au taux indicatif de 1537,00 L.L. correspondant à la moyenne de la fourchette élargie de la B.D.L. se situant entre 1532,50 et 1541,50 L.L. et un dollar au taux réel de négociation entre 1541,00 et 1542,00 L.L., avec un point d’ancrage à 1541,50 L.L. au vendredi 8 août, contre un dollar au taux indicatif de 1537,50 L.L. (entre 1533,00 et 1542,00 L.L.) et au taux réel entre 1537,75 et 1538,25 L.L., avec un point d’ancrage à 1538,00 L.L. au vendredi 1er août, soit en baisse apparente de 0,03% et en hausse réelle de 0,23% en moyenne.

Accès de faiblesse
du dollar et du
sterling à l’étranger

A l’étranger, le dollar, de recherché qu’il était jusqu’au milieu de la semaine dernière, a dû subir dès jeudi la pression des ventes bénéficiaires, lui faisant perdre tout le terrain qu’il avait gagné contre toutes les autres grandes monnaies, à l’exception du sterling qui a lui aussi reviré plus fortement vers le bas. A cela auraient contribué des conjectures selon lesquelles la Bundesbank ne tolérerait pas une dépréciation de sa monnaie qui pourrait relancer des pressions inflationnistes fort compromettantes pour la reprise économique surtout après la remontée du chômage en Allemagne de 11,00 à 11,4% de la population active le mois dernier. Ce sentiment a été renforcé par les propos attribués par un membre de la Bundesbank, Ernst Welteke, à la radio allemande, faisant savoir que son organisme avait déjà fait comprendre que la correction du deutsche mark était achevée au niveau de 1,70 D.M. pour un dollar, ce qui n’a pas tardé à entraîner une vague de dégagements bénéficiaires sur le «billet vert».
De plus, l’annonce par le ministère japonais des Finances que l’excédent des comptes courants aurait atteint 8,5 milliards de dollars en juin dernier par rapport à la période correspondante de 1996, en hausse de 55,8%, est venue aussi susciter des craintes d’une résurgence des tensions commerciales entre Washington et Tokyo et entraîner des ventes massives de dollars contre yen.
En outre, les incertitudes entourant les perspectives d’un resserrement monétaire aux Etats-Unis à une dizaine de jours de la réunion, mardi prochain, du comité de l’open market de la Réserve fédérale, devaient également peser sur la tenue du dollar. Cela d’autant que dans son rapport de conjoncture (le beige book), la FED faisait remarquer que le dynamisme de l’économie américaine ne s’était pas accompagné d’une émergence de pressions inflationnistes grâce à la faible progression du coût de la main-d’œuvre intérieure et la faible croissance économique à l’étranger... De ce fait, les anticipations de relèvement des taux d’intérêt américains, qui étaient à l’origine des attaques à la hausse du dollar, ne tardaient pas à se dissiper dès le milieu de la semaine dernière après la publication du «beige book» et d’autres indicateurs économiques. A cet égard, les opérateurs ont été sensibilisés aussi par l’annonce d’une augmentation de 25.000 personnes du nombre des demandeurs d’allocations-chômage aux Etats-Unis pendant la dernière semaine de juillet (à 300.000 personnes), témoignant que l’économie ne tournait plus à un régime élevé. Il en est de même de la hausse de 1,9% des stocks des fabriques en juin contre 0,4% en mai consécutivement au maintien de la progression de leurs ventes à 0,3% pendant la même période, préludant à un prochain ralentissement de la production industrielle, surtout qu’on apprenait plus tôt du «Conference Board» que l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie américaine (Leading Indicator) n’avait progressé que de 0,3% en juin, comme en mai, et que les dépenses à la construction auraient diminué de 1,1% contre une hausse de 0,3% pendant la même période.
Eu égard à toutes ces considérations et compte tenu aussi de la chute du sterling après le relèvement, jeudi dernier, par la Banque d’Angleterre des taux de base britanniques d’un quart de point en pourcentage à 7%, mesure qualifiée comme un signal d’un prochain statu quo monétaire prolongé en Grande-Bretagne, le dollar devait subir à la veille du week-end directement les pressions de ventes bénéficiaires au profit du deutsche mark et du yen, sans bénéficier indirectement de l’accès de faiblesse du sterling. Il s’est négocié ainsi à la clôture de New York, vendredi dernier, à 1,8475 D.M., après 1,8825, contre 1,8635 au vendredi 1er août (-0,86%); à 1,5105 F.S., après 1,5350, contre 1,5270 (—1,08%); à 6,2240 F.F., après 6,36, contre 6,2795 (—0,88%); à 1802,50 lires, après 1842,00, contre 1819,60 (—0,94%); à 114,95 yen après 119,25, contre 118,30 (—2,83%) mais à 1,5855 pour un sterling contre 1,6320 (+2,93%).

Or: Coup d’arrêt
à la baisse

L’accès de faiblesse du dollar a donné un coup de frein à la chute de l’or, qui a bénéficié d’un courant de rachats du découvert à plus de 320,00 dollars l’once, seuil franchi à la baisse mercredi dernier. C’est ainsi que la parité du métal fin est parvenue à achever la semaine, vendredi, à New York, à 326,10 dollars, après 318,20, contre 324,70 dollars, au vendredi 1er août, en hausse de 0,43% en moyenne.
Quant à l’argent-métal, qui s’était fort apprécié récemment, il a dû subir, au contraire, la pression de ventes bénéficiaires, le ramenant vendredi dernier, à New York, à 4,3630 dollars l’once contre 4,4490 dollars au vendredi 1er août, en baisse de 1,93% en moyenne.

Elie KAHWAGI
Après l’éphémère regain d’intérêt pour les placements en livre libanaise, dû à la levée des restrictions imposées aux Américains désireux de se rendre au Liban, un changement de climat devait s’opérer la semaine dernière sur le marché des changes de Beyrouth, consécutivement à la brusque dégradation de la situation au Liban-Sud. De fait, nombre d’opérateurs, qui voyaient dans cette décision américaine une motivation pour les investissements étrangers au Liban, ne tardaient pas à être pris de court par la psychose d’une escalade militaire d’envergure. Cela d’autant que les inquiétudes relatives à la situation politique intérieure agissaient dans le même sens.En effet, le «billet vert», d’offert qu’il était pour frôler le bas de la fourchette d’intervention de la Banque du Liban (B.D.L.)...