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Actualités - Reportage

Japon : excédent commercial record en juin

L’excédent commercial japonais s’est envolé en juin, montrant que la reprise économique du pays repose encore lourdement sur les exportations, ce qui pourrait aggraver les tensions commerciales entre les Etats-Unis et le Japon.

Le ministère japonais des Finances a annoncé vendredi que l’excédent de la balance japonaise des comptes courants s’était accru de 55,8% à 1.020 milliards de yens en juin par rapport à la même période l’année précédente. Il s’agit de la troisième hausse mensuelle consécutive de cet indicateur, mesure la plus large des échanges de biens et services.
Les seuls échanges de biens ont dégagé un excédent en hausse de 18,7% sur un an, à 1.100 milliards de yens.
Au cours du dollar de vendredi matin à Tokyo, autour de 119 yens, l’excédent courant ressort à 8,5 milliards de dollars et la balance des échanges de biens dégage un excédent de 9,2 milliards de dollars.
Si ces chiffres, qui se situent vers le haut de la fourchette des prévisions, n’ont pas bousculé les marchés financiers, les économistes s’accordent pour dire qu’ils ne constituent pas une bonne nouvelle pour les autorités de Tokyo, soupçonnées par les Etats-Unis de vouloir s’appuyer sur les exportations pour sortir du marasme économique.
«Nous jugeons inévitable une aggravation des tensions commerciales», a dit Richard Jerram, économiste en chef de l’ING Barings Securities à Tokyo.
«Les industriels japonais doivent faire face à une faible demande intérieure et sont donc obligés d’aller sur les marchés étrangers pour vendre leurs biens», a-t-il expliqué à la télévision financière de Reuter.
La demande intérieure japonaise, et plus particulièrement la consommation du secteur privé, a été touchée par le relèvement de deux points, à 5%, de la IVA intervenu le 1er avril.
Selon Richard Jerram, l’industrie automobile japonaise, qui a accru ses exportations pour compenser le ralentissement de la demande intérieure, est un exemple frappant de cette tendance.
«(Les constructeurs automobiles japonais) exportent de façon frénétique et ont provoqué une réaction de la part des Etats-Unis. Et je pense que cela va empirer dans les mois à venir», a-t-il prédit.
Selon les chiffres publiés par le ministère japonais des Finances, les exportations automobiles japonaises ont enregistré un bond de plus de 40% en juin.

Une courbe
ascendante

Dans la semaine, la déléguée américaine du Commerce extérieur, Charlene Barshefsky, avait déclaré que les responsables américains s’inquiétaient du déclin des exportations automobiles des Etats-Unis vers le Japon ainsi que de la détérioration en général du déficit commercial américain avec le Japon.
Les autorités japonaises ont tenté de minimiser la portée de ces nouveaux chiffres, déclarant que les récentes augmentations de l’excédent commercial étaient dues au relèvement de la TVA et qu’il n’y avait aucun signe montrant que la croissance de l’excédent allait perdurer.
Mais les économistes estiment que l’excédent va suivre une courbe ascendante pendant encore quelque temps, en raison du récent affaiblissement du yen. Certains ont jugé que les autorités japonaises pourraient n’avoir d’autre choix que de fermer les yeux, compte tenu de la fragilité de la reprise économique.
«Certains estiment que les autorités japonaises vont laisser le yen filer pour soutenir les exportateurs et doper les cours à la Bourse de Tokyo», a dit Mineko Sasaki-Smith, économiste en chef au Crédit Suisse First Boston Securities à Tokyo.
Un pessimisme persistant concernant les perspectives économiques a miné le moral de la Bourse de Tokyo et l’indice Nikkei 225 des vedettes a évolué sous la barre des 20.000 points au cours des dernières séances. Vendredi, le Nikkei a clôturé à 19.604,46 points.
Selon Mineko Sasaki-Smith, une telle politique aurait de graves répercussions car elle attiserait les tensions commerciales et exposerait l’archipel au risque d’une inflation importée.
«(Les Etats-Unis) ne vont pas porter ces problèmes commerciaux sur la place publique mais ils pourraient exercer des pressions sous la table», a-t-elle déclaré. «Et si le yen devait s’affaiblir davantage, cela ferait augmenter les prix à l’importation et au final, réduirait la marge de manœuvre de la Banque du Japon».
Selon l’économiste, cela pourrait entraîner le pire scénario envisageable, qui verrait la Banque du Japon relever ses taux d’intérêt pour contrer l’inflation, au risque de saper la fragile reprise de l’économie nippone.
Le taux d’escompte de la BoJ est au niveau historiquement bas de 0,5% depuis septembre 1995. (Reuter)
L’excédent commercial japonais s’est envolé en juin, montrant que la reprise économique du pays repose encore lourdement sur les exportations, ce qui pourrait aggraver les tensions commerciales entre les Etats-Unis et le Japon.Le ministère japonais des Finances a annoncé vendredi que l’excédent de la balance japonaise des comptes courants s’était accru de 55,8% à 1.020 milliards de yens en juin par rapport à la même période l’année précédente. Il s’agit de la troisième hausse mensuelle consécutive de cet indicateur, mesure la plus large des échanges de biens et services.Les seuls échanges de biens ont dégagé un excédent en hausse de 18,7% sur un an, à 1.100 milliards de yens.Au cours du dollar de vendredi matin à Tokyo, autour de 119 yens, l’excédent courant ressort à 8,5 milliards de dollars et la...