A Bombay, l’une des villes les plus denses du monde où 6 des 12 millions d’habitants vivent dans des bidonvilles, une famille de cinq personnes peut être contrainte à louer un mètre de trottoir à la mafia locale.
Le contraste illustre le défi que doit relever l’Inde, 50 ans après son indépendance, pour offrir un avenir à ses 960 millions d’habitants.
De quelques îles marécageuses remises par les Portugais aux Britanniques au 17e siècle, Mumbaï, comme a été rebaptisée Bombay, du nom de la déesse hindoue Mumba, est devenu l’un des ports les plus actifs de l’Inde, sa ville la plus cosmopolite, la plus moderne.
Restaurants «in», maisons de mode, clubs chics y sont fréquentés par une clientèle d’élite, téléphone cellulaire à la main: hommes d’affaires de Balal Street, le Wall Street indien, stars de «Bollywood», la prolifique industrie du cinéma indien qui a fait de Bombay son Los Angeles.
Des gratte-ciels modernes abritent sur la presqu’île de Nariman Point la première bourse des valeurs du pays, 60 des 100 premières sociétés indiennes et un bataillon de firmes internationales se positionnant en vue du «boom» économique indien attendu.
Krishna Shetty, 51 ans, est arrivé il y a 37 ans de son village sans une roupie en poche. Il est aujourd’hui propriétaire d’une chaîne d’hôtels, avec une chiffre d’affaires de 1,4 million de dollars. «Bombay est la seule ville d’Inde où vous pouvez réussir si vous travaillez dur», affirme-t-il. «Je suis ce que je suis grâce à Bombay».

