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Actualités - Chronologie

Bolivie : El Abuelo succède au Gringo à la présidence

Le général Hugo Banzer, ancien dictateur du pays de 1971 à 1978, est devenu officiellement le soixantième de la région et du prince Felipe, héritier du trône d’Espagne.

«Personne ne pourra nier que la Bolivie que nous laissons est très différente de celle que nous avons reçue quatre ans plus tôt», a affirmé le président sortant Gonzalo Sanchez de Losada, lors de son discours de fin de mandat, à l’adresse de son successeur.
Peu après, le nouveau président Banzer lui a répondu sèchement «que la Bolivie que nous recevons est très loin de celle que nous voulons», en dénonçant cette présentation «de propagande». Il a ensuite développé un discours très social en souhaitant mettre «les bénéfices de la croissance économique au profit du développement humain».
Surnommé le «réformateur» ou le «semeur» par la presse péruvienne, le président Sanchez de Losada a mené à bien une série de réformes structurelles et de libéralisation économique. Durant sa campagne, le général Banzer n’avait pas remis en cause ces réformes libérales, tout en mettant l’accent sur «la lutte contre la pauvreté» qui touche 60% des 7 millions de Boliviens.
Elu démocratiquement pour un mandat porté à cinq ans, après une réforme constitutionnelle en 1995, le général Banzer, 71 ans, revient ainsi au Palacio Quemado (le Palais brûlé), siège du gouvernement, vingt-six ans après son coup d’Etat. Six ans de régime militaire ont suivi, marqués par la mort d’une centaine de petits paysans protestataires et des milliers d’exilés.
Renversé lui-même par un coup d’Etat, le général s’était converti à la démocratie, participant à toutes les élections depuis lors, avec son parti conservateur, l’Action démocratique nationale (ADN). La Bolivie, qui célébrait sa fête nationale le même jour a connu 189 coups d’Etat depuis son indépendance en 1825.

Nouveau tandem

Cette journée de transmission de mandat entre deux présidents démocratiquement élus «est un témoignage du renforcement de la démocratie» dans le pays, selon plusieurs membres de délégations étrangères présentes à La Paz.
Les présidents Carlos Menem d’Argentine, Alberto Fujimori du Pérou, Fabian Alarcon d’Equateur, Ernesto Samper de Colombie, Carlos Wasmosy du Paraguay et Julio Sanguinetti d’Urugay, assistaient à cette cérémonie d’investiture.
La cérémonie a également concerné le nouveau vice-président de la République, Jorge Quiroga, 37 ans, bras droit du général Banzer, qui remplace ainsi le premier indien Aymara jamais élu à ce poste, Victor Hugo Cardenas.
La presse locale s’est amusée ces derniers jours de ce changement de «tandems présidentiels». Le duo Sanchez de Losada-Cardenas était surnommé «el gringo et el indio», en raison du fort accent anglais du président sortant, réfugié longtemps aux Etats-Unis.
M. Banzer, longtemps appelé «El dictador» par ses adversaires, est déjà devenu «El abuelo», le grand-père, en raison de sa différence d’âge avec le nouveau vice-président, formé à l’université d’Austin, au Texas.
Le général Hugo Banzer, ancien dictateur du pays de 1971 à 1978, est devenu officiellement le soixantième de la région et du prince Felipe, héritier du trône d’Espagne.«Personne ne pourra nier que la Bolivie que nous laissons est très différente de celle que nous avons reçue quatre ans plus tôt», a affirmé le président sortant Gonzalo Sanchez de Losada, lors de son discours de fin de mandat, à l’adresse de son successeur.Peu après, le nouveau président Banzer lui a répondu sèchement «que la Bolivie que nous recevons est très loin de celle que nous voulons», en dénonçant cette présentation «de propagande». Il a ensuite développé un discours très social en souhaitant mettre «les bénéfices de la croissance économique au profit du développement humain».Surnommé le «réformateur» ou le «semeur»...