Après avoir frôlé l’élimination par mégarde au deuxième tour, Johnson a certes gagné en 44 sec 12, avec 25 centièmes d’avance sur l’Ougandais Davis Kamoga et 27 centièmes sur son compatriote Tyree Washington. Mais il est bien loin du record mondial de l’Américain Harry Butch Reynolds (43 sec 29 en 1988) et de son meilleur temps (43 sec 39) qu’il avait réalisé il y a deux ans à Goeteborg en Suède pour conserver son titre.
Belle accélération
Le champion américain, qui cette année avait subi sa première défaite sur 400 mètres depuis très longtemps à cause d’une préparation perturbée par une blessure, a pris un départ prudent. Dans le dernier virage, il s’est même retrouvé à la hauteur de ses adversaires. Mais il a alors produit une belle accélération qui lui a permis de faire la différence.
Le plus rapide en action, le Britannique Iwan Thomas, a cédé sur la fin comme ses compatriotes Jamie Baulch et Mark Richardson et l’Américain Antonio Pettigrew, champion du monde en 1991. En revanche, Kamoga, médaille de bronze à Atlanta, a tenu bon, ainsi que Washington.
Johnson, qui n’avait pu participer aux impitoyables sélections américaines, avait été repêché par la Fédération internationale et son président Primo Nebiolo en recevant une invitation comme tous les champions du monde en titre non qualifiés sur le terrain.
Bien que n’ayant pas battu le record du monde, laissant ainsi échapper la prime de 100.000 dollars réservée à tout athlète auteur d’un tel exploit, Johnson est parvenu toutefois à conserver son titre, ce qui n’a pas été le cas du Tchèque Jan Zelezny au javelot.
Double champion olympique et double champion du monde, Zelezny a complètement raté son concours. Après deux essais nuls, il n’a pu accomplir qu’un jet de 82,04m, échouant pour les trois essais supplémentaires. Pour sa part, le jeune Allemand Boris Henry, deuxième performeur de l’année derrière Zelezny, n’a pris que la sixième place avec 84,54m.
Pedroso avec un essai
Le titre est revenu au surprenant Sud-Africain Marius Corbett (21 ans), qui avec 88,40m au deuxième essai (record d’Afrique), s’est montré inaccessible. Le Britannique Steve Backley, déjà vice-champion du monde et médaille d’argent à Atlanta, a encore dû se contenter de la deuxième place avec 86,80m au sixième et dernier essai.
Une ultime performance qui a fendu le cœur du public grec. Du coup, en effet, le héros local, Kostas Gatzioudis (86,64m) a été relégué à la troisième place pour quelques centimètres.
Contrairement à Zelezny, le Cubain Ivan Pedroso a conservé son titre mondial en gagnant le concours de la longueur. Mais à l’image de Johnson, Pedroso n’a pas accompli la performance attendue. Après un premier essai à 8,42m, il en a raté quatre sur cinq, alors qu’il semblait capable de taquiner les 9 mètres. L’argent est revenu à l’Américain Erick Walder (8,38m) et le bronze au Russe Kirill Sossounov (8,18m).
Enfin, dans les compétitions féminines, le Portugal a gagné un titre et en a perdu un autre. Dans le 1500 mètres, la Portugaise Carla Sacramento (4 min 04 sec 24), troisième en 1995, a succédé au palmarès à l’Algérienne Hassiba Boulmerka, absente, alors que dans le 10.000 mètres, une autre Portugaise, la Barsosio, troisième en 1993. (AFP)

