Elles incluent non seulement le manque à gagner en terme de salaires pour les travailleurs qui ne peuvent plus se rendre en Israël et à Jérusalem-Est, mais aussi les pertes commerciales et les impôts non collectés.
Le commerce avec Israël, qui représente 80% des 2,4 milliards de dollars annuels du commerce extérieur palestinien, est totalement stoppé depuis l’attentat à la bombe perpétré mercredi dernier à Jérusalem.
Les échanges avec l’Egypte et la Jordanie, qui s’élèvent à 15% du total, sont également au point mort en raison de la fermeture des frontières extérieures des zones autonomes décrétée par Israël.
Les 60.000 ouvriers qui étaient autorisés ces derniers mois à aller travailler en Israël n’ont plus d’emploi, alors qu’ils ramenaient 1,2 million de dollars par jour dans les territoires.
En outre, Israël a bloqué le transfert de 40 millions de dollars dus à l’Autorité autonome en vertu des accords d’autonomie. Il s’agit principalement du montant de la TVA perçue par Israël sur des marchandises achetées par des Palestiniens et des droits de douane perçus dans les ports israéliens.
Le directeur général du ministère palestinien des Finances, Atef Alawneh, s’est élevé contre cette mesure punitive, précisant à l’AFP que ces sommes représentaient 60% des entrées mensuelles du budget des administrations palestiniennes.
«Si cela se poursuit, cela va alourdir gravement le déficit budgétaire de l’Autorité, qui devait déjà être de 50 millions de USD pour 1997», a déclaré à l’AFP M. Alawneh.
Les barrages routiers israéliens, qui empêchent les habitants d’entrer et de sortir des villes autonomes en Cisjordanie, affectent sévèrement la productivité de certaines entreprises, avec des chutes allant jusqu’à 80%, selon M. Alawneh.
Le Fonds monétaire palestinien a également souligné que le travail des banques est entravé par les sanctions israéliennes.
Toutes ces mesures touchent de plein fouet une économie palestinienne déjà chancelante. Selon des chiffres de l’ONU, le résultat des bouclages précédents a été une chute de 36% du revenu par tête des habitants des territoires: de 2.700 dollars en 1992, il est tombé à 1.700 USD l’an dernier.
Depuis les premiers accords d’autonomie en 1993, les investissements ont chuté de 77% dans les territoires, surtout en raison des bouclages, pour s’établir à 255 millions de USD l’an dernier, selon le ministre palestinien des Finances Mohammad Nachachibi.
Le chômage, qui touchait 29% de la population active ces derniers mois, remonte à au moins 50% en cas de bouclage.
L’économie palestinienne a d’autant moins les moyens de réagir qu’elle n’a aucun accès indépendant aux marchés extérieurs. Les accords d’autonomie ont laissé à Israël le contrôle des frontières terrestres et l’Etat hébreu refuse la mise en service de l’aéroport que les Palestiniens ont installé à Gaza, ainsi que la construction du port maritime qu’ils projettent.
Le bouclage est généralement présenté par Israël comme une mesure nécessaire pour se protéger des intégristes qui viennent commettre des attentats sur son territoire depuis les zones autonomes. Les Palestiniens le dénoncent comme une punition collective de toute une population pour des violences commises par quelques-uns.
Mais dans le dernier cas, M. Netanyahu a ouvertement affirmé qu’il s’agissait essentiellement de faire pression sur M. Arafat afin de l’amener à réprimer les intégristes armés. (AFP)

