«En ma qualité de président de la République islamique d’Iran, je jure devant le saint Coran, la nation iranienne et Dieu d’être le gardien de la religion officielle de la République islamique et de la constitution», a déclaré le nouveau chef de l’Etat.
«Mon gouvernement estime qu’un dialogue entre civilisations du monde actuel est essentiel et il s’abstiendra de toute initiative ou comportement susceptibles de provoquer des tensions», a ajouté le nouveau président.
«Nous entretiendrons des relations avec tous les gouvernements qui respecteront notre indépendance et nos décisions servant les intérêts de la nation. Mais nous nous opposerons à tous ceux qui veulent exercer une domination sur nous», a-t-il ajouté.
A propos de ses promesses électorales sur des réformes sociales, Khatami a déclaré qu’il «s’efforcerait de créer et de promouvoir un Etat de droit qui s’appliquera à tous les aspects de la vie en société».
Il a assuré que l’Iran continuerait à «défendre les opprimés du monde» et notamment «le peuple de Palestine et ses droits légitimes».
M. Khatami a affirmé que son gouvernement «s’efforcerait de restaurer les libertés publiques dans le cadre de la constitution et de l’islam» et s’est une nouvelle fois opposé à «toute violation de la dignité et de droits individuels» dans la société iranienne.
Droit et justice sociale
«Nous sommes en faveur d’un développement global dans tous les domaines politique, culturel, social et économique», a ajouté M. Khatami, indiquant que son gouvernement était décidé à «défendre» le pays contre «toute sorte d’agression, culturelle, politique et économique».
Le nouveau président a tenu à souligner que «la légitimité de son élection vient du peuple (qui) doit être convaincu que la détermination de son sort est son droit légitime».
Il a appelé enfin à une «coopération étroite entre toutes les institutions» du régime et s’est prononcé en faveur d’une «institutionnalisation croissante du droit et de la justice sociale».
«Le pouvoir a le devoir de créer un climat sûr pour les idées dans le cadre de la constitution et l’islam», a-t-il ajouté, promettant un avenir meilleur au pays.
La cérémonie d’investiture s’est déroulée en présence du président sortant Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, des principaux dirigeants politiques et des dignitaires religieux du régime, ainsi que des membres du corps diplomatique en poste à Téhéran.
Les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne (UE) étaient absents, en raison d’une crise opposant l’Iran à l’UE depuis le jugement de Berlin d’avril dernier qui accusait le «plus haut sommet» de l’Etat iranien d’avoir commandité des assassinats politiques sur le sol allemand.
Les pays de l’UE, qui avaient rappelé leurs ambassadeurs pour consultations, ont décidé de ne pas les envoyer tant que Téhéran refusait de voir revenir le représentant allemand.
M. Khatami, un religieux de 54 ans, élu le 23 mai dernier avec 69% des voix, a été confirmé dimanche dans ses nouvelles fonctions par le Guide de la République islamique, l’ayatollah Ali Khameneï, numéro un du régime. Il a succédé à M. Hachémi-Rafsandjani.
Il devrait rendre publique cette semaine la composition de son gouvernement, qui doit être approuvé par le Majlis où les conservateurs sont majoritaires.
Dimanche, lors de sa confirmation par le Guide suprême de la révolution, l’ayatollah Ali Khameneï, Khatami avait appelé les dirigeants du clergé et les partis à coopérer avec son gouvernement. Il avait aussi laissé entendre qu’il était prêt à dialoguer avec les pays occidentaux. (Reuter, AFP)

