Cette «lune» d’astéroïde est à ce jour la deuxième connue, après Dactyle, qui avait été photographiée par la sonde américaine Galileo autour de 243 Ida, lors de son passage à une centaine de milliers de kilomètres de l’astéroïde, le 28 août 1993.
Ainsi, alors qu’il y a quelques années on ne connaissait de satellites naturels qu’aux neuf planètes principales du système solaire (d’un pour la Terre et Pluton, à dix-sept pour Saturne), cette découverte confirme les hypothèses déjà anciennes de certains théoriciens sur l’existence de «lunes» autour de petits corps du système solaire, astéroïdes et noyaux cométaires.
Les deux découvreurs, Stefano Mottola et Gerhard Hahn, qui ont utilisé le Télescope de Bochum de 60 centimètres, à l’observatoire de l’ESO à La Silla (Chili), appartiennent à une équipe de l’Institut allemand de planétologie (du Centre allemand de recherche aérospatiale/DLR) travaillant sur un vaste programme d’observation des astéroïdes.
Ce programme prévoit l’acquisition de séquences de clichés d’astéroïdes pour étudier les éventuelles anomalies dans les variations de leur luminosité (leur magnitude relative). La lumière solaire qu’ils réfléchissent en tournant sur eux-mêmes varie en fonction de leur morphologie. De ces variations, les astronomes déduisent la vitesse de rotation de l’astéroïde, l’orientation de son axe de rotation...
Dionysos appartient à la classe d’astéroïdes de «type Apollon», qui regroupe des objets dont l’orbite très elliptique coupe régulièrement celle de la Terre, et peuvent donc passer à «proximité» de notre planète.
Dionysos nous rend visite tous les treize ans, mais à une distance «respectable». Ainsi, le 6 juillet, Dionysos est passé à 17 millions de kilomètres de la Terre.
En mai, les premières observations de Dionysos avaient montré une courbe de lumière très régulière, à deux maxima et deux minima, typique de corps non sphériques en rotation, et permis de calculer sa période de révolution sur lui-même: 2,7 heures. Quelques jours plus tard, en revanche, sa courbe de lumière était devenue anormale. Elle laissait supposer l’existence d’un petit corps en orbite autour de l’astéroïde, rendant celui-ci un peu moins lumineux à chaque passage devant lui.(AFP)

