N’en déplaise à M. Nebiolo, qui parle d’évolution logique du règlement, c’est bien le Texan qui est à l’origine des «invitations» aux champions en titres, instaurées pour la sixième édition du sommet mondial. Cela un an après que le président de la Fédération internationale avait concédé un réaménagement du programme olympique pour permettre à l’Américain de réaliser son incroyable doublé 200-400 m à Atlanta.
Le tapis rouge déployé, Johnson a accepté de défendre son titre du 400 m, délaissant le 200 m où il a déjà démoralisé tout le monde avec ses 19 sec 32/100 d’Atlanta. Mais sera-t-il capable encore d’enflammer la piste? Un léger doute plane...
Car, après les fastes de 1996 et une entrée 1997 prometteuse, les choses ont plutôt mal tourné pour Johnson. En l’espace des deux premières semaines de juin, il enregistrait deux cuisants revers consécutifs, touché physiquement et moralement, au point d’oter le petit sourire qui avait enfin éclairé l’un des visages les plus sévères de l’athlétisme.
L’autre «MJ»
D’abord à Toronto, la cuisse gauche lâchait en plein élan, ruinant ses espoirs de corriger Donovan Bailey, cet insolent canadien qui lui contestait le titre officieux «d’homme le plus rapide de la planète» à travers un défi inédit sur 150 m. Pire, à la douleur physique s’ajoutaient les insultes de «couard» et de «lâche» qu’il devait encaisser.
Blessé dans son orgueil, l’autre «MJ» (après le basketteur Michael Jordan) précipitait son retour pour subir un nouvel affront. Sur l’anneau de Paris, l’invincible maître du tour de piste était non seulement battu sur sa spécialité, mais même distancé au... quatrième rang!
C’en était trop pour la fierté du Texan, qui retournait dans son Waco natal pour retrouver son fidèle entraîneur Clyde Hart et travailler d’arrache-pied à raison de trois séances par jour malgré la chaleur texane. «Nous avons déjà appliqué ce régime par le passé mais seulement pour des grands championnats», expliquait Johnson avant de recevoir «l’invitation».
C’est donc avec la même assurance qu’avant que son entourage proche envisage le retour en terre hellénique. «Michael ira à Athènes pour battre le record du monde et taquiner les 42 secondes», répète à qui veut l’entendre son agent Brad Hunt.
Comme si la quinzaine de juin n’était qu’un mauvais cauchemar, au même titre que l’intoxication alimentaire à l’origine de son élimination aux J.O. de Barcelone. Hart tout comme Hunt sont persuadés que leur protégé est redevenu en quelques semaines la «loco de Waco», prêt à frapper un grand coup et justifier son rang d’invité de luxe... (AFP)


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