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Actualités - Chronologie

Après l'assassinat d'un conseiller municipal espagnol Premières dissensions dans les rangs basques

Isolés politiquement après l’assassinat par l’ETA de l’otage Miguel Angel Blanco Garrido, les séparatistes basques radicaux commencent à connaître quelques dissensions internes, plusieurs militants de l’organisation ou de son bras politique Herri Batasuna s’étant publiquement déclarés choqués par ce crime.
«Je m’appelle Teresa Mugica et je suis de Herri Batasuna. Si l’ETA veut plus de victimes, j’habite au numéro sept de la rue Iparaguirre».
Rapportés par le quotidien «El Pais», les propos de cette habitante d’Ermua, la ville de Miguel Angel Blanco, illustrent le désarroi né chez certains indépendantistes alors que des millions d’Espagnols ont envahi les rues aux cris de «ETA, HB, c’est la même chose».
Herri Batasuna, qui représente environ 12% de l’électorat du Pays basque et gouverne seule 21 municipalités de la région, s’est retrouvée totalement isolée après l’assassinat de Blanco Garrido, les autres partis basques l’ayant mis en «quarantaine politique» pour son absence de condamnation de l’attentat.
Le Parti socialiste a même proposé aux nationalistes basques modérés de sceller un pacte dans l’unique but de bouter HB hors de certaines mairies, notamment celle de Mondragon, traditionnel fief indépendantiste.
De son côté, le Parti nationaliste basque (PNV, modéré, au pouvoir dans la région), qui militait jusqu’à présent au même titre que HB pour le regroupement au Pays basque de tous les prisonniers de l’ETA, a estimé que ce n’est plus le moment d’aborder cette question.

«Lynchage»

«Les pires ennemis des prisonniers de l’ETA, c’est leur propre organisation», a déclaré le porte-parole du PNV, Inaki Anasagasti. «Il est probable que les sympathies pour HB vont commencer à diminuer maintenant, mais peut-être pas aussi rapidement que nous souhaiterions», a-t-il ajouté.
De son côté, HB a accusé le gouvernement d’être responsable de la mort de Blanco Garrido, en raison de «son incapacité à affronter les propositions de dialogue». La coalition se dit par ailleurs victime d’une «stratégie de lynchage», plusieurs de ses militants ayant été molestés ces derniers jours par la foule des manifestants anti-ETA.
L’association pacifiste basque Bakea Orain («La paix maintenant») a appelé les militants séparatistes qui se sentent en désaccord avec leur mouvement de s’exprimer. Certains l’ont déjà fait, comme le prisonnier «historique» de l’ETA José Miguel Latasa Getaria, qui a réclamé la démission immédiate de toute la direction de HB.
«Ces gens nous mènent vers le désastre, il faut s’en débarrasser», a déclaré Latasa Getaria, qui purge une peine de plus de 500 ans de réclusion pour plusieurs attentats. Dans une prison de Cordoue (sud), un autre détenu de l’ETA est en grève de la faim illimitée depuis samedi pour réclamer la fin du terrorisme au Pays basque.
Des critiques sont même apparues dans le quotidien indépendantiste basque «Egin». Si un éditorial continue malgré tout à dénoncer «la criminalisation de l’indépendantisme basque», deux chroniqueurs indépendants regrettent dans les pages du quotidien «la détermination de l’ETA à poursuivre des actions dont les aspects cruels sont perçus avec indignation par la vaste majorité de la population».
«Il est particulièrement préoccupant que l’ETA fasse la sourde oreille à ce que pensent beaucoup de gens auxquels elle dirige son message», estiment ces chroniqueurs, qui s’expriment au nom du mouvement indépendantiste extra-parlementaire Zutik. (AFP)
Isolés politiquement après l’assassinat par l’ETA de l’otage Miguel Angel Blanco Garrido, les séparatistes basques radicaux commencent à connaître quelques dissensions internes, plusieurs militants de l’organisation ou de son bras politique Herri Batasuna s’étant publiquement déclarés choqués par ce crime.«Je m’appelle Teresa Mugica et je suis de Herri Batasuna. Si l’ETA veut plus de victimes, j’habite au numéro sept de la rue Iparaguirre».Rapportés par le quotidien «El Pais», les propos de cette habitante d’Ermua, la ville de Miguel Angel Blanco, illustrent le désarroi né chez certains indépendantistes alors que des millions d’Espagnols ont envahi les rues aux cris de «ETA, HB, c’est la même chose».Herri Batasuna, qui représente environ 12% de l’électorat du Pays basque et gouverne seule 21...