L’approbation du plan par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan amènerait l’Irak à reprendre ses exportations de pétrole, suspendues depuis juin.
Lors d’un point de presse, le porte-parole de l’ONU Fred Eckhard a confirmé que Bagdad avait présenté un nouveau plan de distribution de nourriture et de médicaments dans le cadre de l’accord «pétrole contre nourriture» avec les Nations Unies, qui autorise l’Irak à exporter du pétrole pour une valeur de deux milliards de dollars tous les six mois pour acheter des vivres à titre humanitaire, afin de soulager les souffrances de sa population.
Selon M. Eckhard, le plan de distribution, qui couvre le deuxième semestre de l’accord entré en vigueur le 10 décembre, va être examiné par le secrétariat de l’ONU.
«Nous pensons que cet examen sera terminé fin juillet», a-t-il déclaré.
Rencontre Aziz-Butler
L’accord avait été reconduit début juin pour six mois par l’ONU, mais l’Irak s’était plaint à plusieurs reprises que les livraisons de produits alimentaires et surtout de médicaments étaient en retard de plusieurs mois par rapport au plan prévu.
L’Irak lie la reprise de ses exportations de pétrole au feu vert de M. Annan à son nouveau plan de distribution. Le représentant de l’Irak auprès de l’ONU, Nizar Hamdoun, a indiqué que Bagdad allait soumettre ses propositions de prix du brut pour le mois d’août aux inspecteurs de l’ONU.
L’Irak est soumis à un embargo international depuis son invasion du Koweit en 1990. L’accord «pétrole contre nourriture» est une exemption temporaire des sanctions commerciales qui ne pourront être levées que si Bagdad satisfait aux exigences de l’ONU en matière de désarmement.
Sur un autre plan, on apprend au siège de l’ONU que le nouveau chef de la Commission spéciale chargée du désarmement irakien (UNSCOM) Richard Butler a entamé mercredi ses entretiens avec les responsables irakiens.
«M. Butler a eu un entretien à huis clos d’une heure avec le vice-premier ministre Tarek Aziz, élargi par la suite aux délégations des deux bords», a déclaré Mme Jo Lomas, assistante du directeur du centre de surveillance et de vérification de l’UNSCOM à Bagdad.
Mme Lomas a indiqué que le chef de l’UNSCOM devait rencontrer à nouveau M. Aziz, en charge des relations avec l’ONU, «pour poursuivre la discussion des différents dossiers» du désarmement.
Elle a indiqué que les experts des deux bords poursuivaient pour leur part leurs réunions. M. Butler est accompagné de huit experts dans les domaines chimique, biologique et balistique.
Le chef de l’UNSCOM, qui a pris ses fonctions le 1er juillet, a entamé lundi sa première mission à Bagdad.
A son arrivée dans la capitale irakienne, il s’est engagé à être «entièrement équitable» vis-à-vis de l’Irak, qui accusait son prédécesseur, le Suédois Rolf Ekeus, d’être à la solde des Etats-Unis.
M. Butler, ancien ambassadeur d’Australie à l’ONU, a souligné que le travail de l’UNSCOM est «technique et scientifique» et que cette commission «n’est pas responsable des sanctions imposées à l’Irak, qui dépendent du Conseil de Sécurité».
L’embargo instauré à la suite de l’invasion irakienne du Koweit en août 1990 ne peut être levé que lorsque l’ONU aura confirmé la destruction de l’arsenal chimique, biologique et nucléaire de Bagdad ainsi que de ses missiles de portée supérieure à 150 kilomètres, conformément à la résolution 687 de l’ONU. (AFP)

