L’Association Auteuil international, qui compte aujourd’hui plusieurs «maisons» en France, offre à ses pensionnaires (orphelins ou cas sociaux) une formation technique professionnelle. En été, ces jeunes mettent leur savoir-faire au service des autres, à travers des «chantiers» organisés dans différents pays. Ainsi, les «Apprentis d’Auteuil» expérimentent le travail en commun avec d’autre jeunes, découvrent d’autres cultures... L’Association prend en charge tous les frais du voyage et du chantier.
C’est en 1991 qu’a démarré l’opération «chantiers d’Auteuil» au Liban. Après la réfection de plusieurs domiciles dans la région de Salhieh, puis la restauration du foyer des Sœurs dominicaines à Verdun, l’Association s’est tournée vers la conférence Saints-Pierre et Paul de la Société Saint-Vincent de Paul, rénovant d’abord son siège à Kornet Chahwane, puis sa garderie, à Dbayé. Cette année, les jeunes se sont attaqués au dispensaire — qui était installé à proximité du siège principal de la Société — et qu’ils ont entièrement «déménagé», et donc reconstruit au centre même, avec l’aide de leurs amis de Dahr el-Sawan.
Trois semaines d’expérience sur le terrain, mais surtout d’échanges enrichissants...
Menuiserie, maçonnerie, plomberie, enduit, électricité... les travaux se sont déroulés dans une ambiance sérieuse, mais décontractée, les jeunes travaillant souvent en tandem, un Français, un Libanais. «Nous nous sommes très vite entendus», dit Alexandre, qui a déjà participé à un premier «chantier» au Liban. «Les chantiers sont toujours intéressants, sur le plan professionnel comme sur le plan humain. Côté travail, nous apprenons beaucoup de choses, côté relations, nous nous faisons des amis, nous voyons du pays... Je n’hésiterais pas à me porter volontaire une troisième fois, si l’occasion m’était encore offerte».
«Nous avons travaillé dur», soulignent les jumeaux libanais Joseph et Elie, 15 ans, «chaque jour, de 9h à 13h30. Ensuite, c’était la pause-déjeuner, puis la détente: tourisme, loisirs, repos... Pour nous aussi, ce chantier était en quelque sorte un voyage, puisque nous avons vécu avec nos camarades durant trois semaines, 24 heures sur 24. Nous étions logés à quelques minutes du chantier, à l’Ecole primaire des Saints-Cœurs».
Durant deux week-ends, le groupe a été hébergé— toujours par paires — dans des familles libanaises de différentes régions. Mathieu, Alexandre, Frédéric et les autres en gardent un bon souvenir.
«Connaître un pays, c’est connaître ses habitants», disent-ils, «discuter avec des adultes, des ados, des enfants; voir leur manière de pensée... Les Libanais sont très accueillants et généreux; leur hospitalité n’est pas légendaire, elle est bien réelle».
Le nouveau dispensaire sent bon la peinture fraîche. Il occupe l’aile droite du centre, quatre salles alignées: un bureau, une pharmacie, une kitchenette et une salle de consultation.
«Ce dispensaire continuera de recevoir une trentaine de malades par jour», indique Me Albert Zoghbi, vice-président de la Société Saint-Vincent de Paul. «Nous accueillons également une centaine de malades chroniques qui viennent régulièrement retirer leurs médicaments».
Joindre l’utile à l’agréable, c’est toujours gratifiant...
N.S.


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