Sur la ligne d’arrivée, Mengin a devancé de plusieurs longueurs le Belge Frank Vandenbroucke et Richard Virenque. La plupart des favoris ont terminé dans ce groupe d’une vingtaine de coureurs, à l’exception du Danois Bjarne Riis, qui a perdu plus de six minutes et a rétrogradé de la troisième à la septième place du classement général.
L’équipe de La Française des Jeux, aux résultats décevants jusqu’à présent, a animé cette étape de 181 kilomètres. Stéphane Heulot s’est intégré dans une échappée lancée dans la descente du Pas-de-Morgins vers le 50e kilomètre et les sept membres de ce groupe (Totschnig, Moreau, Vandenbroucke, Garmendia, Heulot, Pierobon, C. Gonzalez) ont compté jusqu’à plus de sept minutes d’avance.
Dans le col de la Croix (1re catégorie), la principale difficulté du jour, la course s’est décantée. Le forcing de Marco Pantani et de ses équipiers (Conti, Zberg) a provoqué la perte du Danois Bjarne Riis qui est passé au sommet (km 92 avec plus de trois minutes de retard sur ses adversaires.
Ullrich lui-même a montré pour la première fois un signe de fléchissement à l’approche du sommet. L’Allemand a été légèrement distancé par Pantani et Virenque (15 sec au sommet) avant de revenir rapidement dans la descente.
Par précaution, l’Autrichien Georg Totschnig s’est relevé pour attendre Ullrich qui ne comptait plus qu’un seul équipier (Bolts) à ses côtés. Mais le porteur du maillot jaune n’a jamais été mis en difficulté par la suite, tant dans la montée du petit col des Mosses (3e cat.) que dans les secteurs descendants jusqu’à Fribourg.
Les équipes de Marco Pantani et de l’Espagnol Abraham Olano ont accéléré l’allure jusqu’à l’arrivée (plus de 40 km/h de moyenne malgré le profil très accidenté), afin de distancer Riis. Au sprint, Mengin a produit son effort de loin, aux 400 mètres, pour s’imposer pour la première fois dans le Tour de France auquel il a déjà participé en 1995.
«C’est le même sprint, en force que celui de Frédéric Guesdon dans Paris-roubaix», a déclaré Mengin, un ancien menuisier qui travaillait dans les services techniques du journal «L’Est Républicain». «J’avais de très bonnes jambes j’ai réussi à passer le col avec le groupe d’Olano. Je ne suis pas assez rapide pour gagner un sprint massif mais, dans une arrivée de ce type, j’ai ma chance».
Le Lorrain, âgé de 28 ans, a remporté la quatrième victoire d’étape française dans le Tour, après Laurent Brochard (Loudenvielle), Laurent Desbiens (Perpignan) et Richard Virenque (Courchevel). En début d’année, il avait donné à son équipe, nouvellement créée, son premier titre en remportant le Championnat de France de cyclo-cross.
Les Suisses Mauro Gianetti et Rolf Jaermann, ainsi que l’Espagnol Mikel Zarrabeitia, figurent parmi les abandons les plus notables de cette étape, la dernière à présenter un col de première catégorie.
Retour en France
Aujourd’hui, le Tour rentre en France, au cours de sa dix-septième étape entre Fribourg et Colmar (218,5 km).
La course passe la frontière au 111e kilomètre après la traversée des cantons de Fribourg, de Berne et du Jura. Elle poursuit sa route par le Haut-Rhin avec un «final» plat jusqu’à Colmar, où l’arrivée est jugée au bout d’une ligne droite de 1000 mètres.
Les seules difficultés de relief sont échelonnées en territoire suisse, avec le col de Pierre-Pertuis (km 61,5), classé en troisième catégorie, la côte du Fuet (km 70, 4e cat.) et la côte de Develier (km 104,5, 3e cat.).
Le tour s’est arrêté à quatre reprises à Colmar, où le «régional» Roger Hassenforder présente un étonnant pourcentage de réussite (50%). Cet Alsacien de Kaysersberg s’imposa deux fois dans la préfecture du Haut-Rhin (1955 et 1959), alors que les deux autres victoires furent signées par André Leducq (1931) et Raphaël Géminiani au terme d’une longue échappée solitaire (1949).
Hassenforder, réputé pour ses facéties et sa pointe de vitesse, disputa le tour de France 1956 dans l’équipe régionale de... l’Ouest. Cette année-là, il gagna quatre étapes, son bilan personnel s’élevant au total à huit victoires entre 1955 et 1959.
A défaut d’un coureur originaire de la région, puisque le peloton du Tour 1997 n’en compte aucun dans son effectif, les anciennes «gloires» du cyclisme alsacien sont attendues à Colmar. Hassenforder, en premier lieu, qui devrait être présent tout comme les proches de... Jan Ullrich, qui habite à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, de l’autre côté de la frontière.
Classement de l’étape:
1. Christophe Mengin (Fra/FDJ), les 181,00 km en 4h 30’11’’ (moyenne: 40,194 km/h)
2. Frank Vandenbroucke (Bel/MAP)
3. Richard Virenque (Fra/FES)
4. Gianluca Pierobon (Ita/BAT)
5. Laurent Dufaux (Sui/FES)
6. Francesco Casagrande (Ita/SAE)
7. Abraham Olano (Esp/BAN)
8. Udo Bolts (All/TEL)
9. Marco Pantani (Ita/MER)
10. Orlando Rodrigues (Por/BAN)
11. Jan Ullrich (All/TEL)
12. Georg Totschnig (Aut/TEL)
13. Fernando Escartin (Esp/KEL)
14. Stéphane Heulot (Fra/FDJ)
15. Jose Maria Jimenez (Esp/BAN)
16. Manuel Beltran (Esp/BAN)
17. Beat Zberg (Sui/MER)
18. Christophe Moreau (Fra/FES)
19. Angel Casero (Esp/BAN)
20. Roberto Conti (Ita/MER) tous même temps.
39. Bjarne Riis (Dan/TEL) à 06’12’’
Classement général:
1. Jan Ullrich (All/TEL) 81h 29’10’’
2. Richard Virenque (Fra/FES) à 06’22’’
3. Marco Pantani (Ita/MER) à 10’13’’
4. Fernando Escartin (Esp/KEL) à 16’05’’
5. Abraham Olano (Esp/BAN) à 16’40’’
6. Francesco Casagrande (Ita/SAE) à 17’14’’
7. Bjarne Riis (Dan/TEL) à 18’07’’
8. José Maria Jimenez (Esp/BAN) à 23’42’’
9. Roberto Conti (Ita/MER) à 28’20’’
10. Laurent Dufaux (Sui/FES) à 29’46’’
11. Beat Zberg (Sui/MER) à 31’39’’
12. Oskar Camenzind (Sui/MAP) à 36’33’’
13. Peter Luttenberger (Aut/RAB) à 38’16’’
14. Manuel Beltran (Esp/ BAN) à 43’15’’
15. Jean-Cyril Robin (Fra/USP) à 53’26’’
16. Michael Boogerd (P-B/RAB) à 55’11’’
17. Daniele Nardello (Ita/MAP) à 56’39’’
18. Christophe Moreau (Fra/FES) à 1h 00’37’’
19. Stéphane Heulot (Fra/FDJ) à 1h 00’54’’
20. Bobby Julich (USA/COF) à 1h 03’45’’

