«Non au cancer de la fédération», pouvait-on lire sur un tract distribué dans le centre de Nicosie par des partisans d’un mouvement opposé à un projet de fédération à Chypre.
Ce projet a été présenté par l’ONU au président chypriote Glafcos Cléridès et au dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash lors du premier round des pourparlers qui s’est déroulé près de New York du 9 au 12 juillet.
Chypre est divisée en deux secteurs, grec au Sud et turc au Nord, où sont déployés depuis le 20 juillet 1974 les forces d’Ankara, fortes aujourd’hui de 35.000 soldats.
Cette intervention a eu lieu cinq jours après un coup d’Etat, à Nicosie, inspiré par les colonels alors au pouvoir à Athènes et qui visait à rattacher l’île à la Grèce.
Des centaines de Chypriotes-Grecs — dont de nombreux déplacés — ont défilé à Nicosie, brandissant des banderoles réclamant notamment leur retour dans leurs villages dans la partie nord de l’île.
Près de l’unique point de passage public entre le nord et le sud de l’île, à Nicosie, d’autres Chypriotes-Grecs ont entamé samedi une grève de la faim symbolique de deux jours. Parmi les manifestants figuraient des femmes qui comptent des parents, dont elles arborent les portraits, parmi les 1.619 personnes disparues peu après l’intervention turque.
Le gouvernement chypriote, soumis à une forte pression internationale pour trouver une solution au problème de l’île, a rejeté vendredi une proposition de M. Denktash de créer une force de police bicommunautaire en vue de prévenir d’éventuels troubles dans la zone-tampon divisant Chypre.
«Les efforts pour résoudre le problème de Chypre avanceraient mieux si M. Denktash abandonnait sa politique visant à obtenir la reconnaissance dans tout ce qu’il entreprend», a expliqué le porte-parole du gouvernement, Manolis Christofidès.
Il faisait allusion à la République turque de Chypre du nord (RTCN), autoproclamée en 1983 et reconnue uniquement par Ankara, que préside M. Denktash.
Dans un discours, le président Cléridès s’est toutefois engagé samedi à œuvrer pour parvenir «le plus vite possible» à une solution au problème de Chypre. Les communautés chypriote-grecque et chypriote-turque «doivent envisager un avenir commun», a-t-il assuré.
Le vice-premier ministre turc Bulent Ecevit était présent pour les cérémonies du 23e anniversaire de l’intervention militaire turque à Chypre, dont il a été l’instigateur, occupant alors le poste de premier ministre.
Cette visite a été précédée samedi par celle du commandant de l’armée de l’air turque, le général Ahmet Corekci, alors que six bâtiments de guerre de la flotte turque ont jeté l’ancre au port de Kyrénia, dans le Nord, en signe de solidarité avec la RTCN. (AFP)

