«Je n’ai signé aucun contrat avec les autorités», a affirmé M. Madani dans une brève déclaration à Acharq el-Awsat.
Cette déclaration est confirmée dans al-Hayat par un responsable du FIS à Bruxelles, Ahmed Zaoui, qui s’est entretenu, mardi, au téléphone avec M. Madani.
«Ma libération ne s’est pas faite sur la base d’un contrat avec les autorités. Je suis sorti de prison sans restriction ou condition», a affirmé M. Madani, cité par M. Zaoui.
Celui-ci a ajouté que le pouvoir algérien n’a imposé aucune restriction à la liberté politique de Madani mais qu’il lui a simplement demandé, oralement, de ne pas quitter le territoire sans demander l’autorisation de le faire.
«Dans ces conditions, je préfère retourner en prison», a répondu le chef du FIS, toujours selon M. Zaoui.
De son côté, Acharq el-Awsat affirme que M. Madani a signé un document contenant les conditions de sa libération, notamment celle de se tenir à l’écart de l’activité politique, jusqu’à l’an 2.003, date d’expiration de sa peine de douze ans d’emprisonnement.
Le parquet militaire a souligné que M. Madani avait été remis en liberté «conditionnelle», sans procéciser les conditions qui lui ont été imposées.
Acharq el-Awsat rapporte également que le «numéro deux» du FIS, Ali Belhadj, seul dirigeant du mouvement encore en détention, serait libéré «très prochainement». M. Belhadj se trouvait à l’hôpital militaire de Blida (50 km au sud d’Alger), sous étroite surveillance.
La libération de Belhadj a été reportée en raison de son refus d’accepter les conditions y afférentes. M. Belhadj a ainsi refusé de se laisser priver de ses droits civiques et de se faire examiner par des médecins militaires avant sa sortie de prison, selon le journal.
Des sources proches de MM. Madani et Belhadj ont cependant affirmé au journal qu’il existait encore des chances de «parvenir à un accord».
A Alger entre-temps, plusieurs centaines de personnes sont venues saluer le chef du Front islamique du salut, qui assistait à la prière du soir à la mosquée «Kaboul» de Belcourt.
M. Madani s’est installé dans la maison de ses parents, proche de cette mosquée.
Dans l’après-midi, il était déjà venu à pied prier, échangeant quelques mots avec des habitants du quartier.
L’affluence était plus importante mardi soir. La mosquée était pleine, et des dizaines de personnes attendaient aussi à l’extérieur pour saluer M. Madani.
«Je vais bien», a expliqué à de nombreuses reprises le chef du FIS, vêtu d’une gandoura blanche, tête nue, souriant, la barbe un peu blanchie après six années de détention.
M. Madani a soigneusement évité toute déclaration à caractère politique. «N’oubliez pas de prier Dieu. Restez-lui fidèle, et Dieu ne vous oubliera pas», a-t-il conseillé à de nombreuses reprises.
Seule une voiture de police était visible non loin de la mosquée, et M. Madani est rentré à pied au domicile de ses parents, dans un immeuble situé au-dessus d’un commissariat, en tenant la main d’un petit garçon. (AFP)

