Embarqué en début de saison sur le navire de l’équipe de France féminine, «Cap’tain Noah» a une fois encore réussi son pari.
Ses joueuses disputeront, les 4 et 5 octobre prochain et pour la première fois de l’histoire du tennis tricolore, la finale de la coupe de la Fédération, face aux Pays-Bas.
«Allez, on y croit! On a la foi!», a lancé Alexandra Fusai à Nathalie Tauziat, dimanche, alors que la paire française était menée dans le double décisif qui l’opposait à la Belgique.
Une phrase quelle capitaine a dû répéter des dizaines de fois durant le week-end niçois, comme il l’avait déjà fait avec les garçons lors de leurs deux victoires en coupe Davis, en 1991 et en 1996.
«Mais je n’ai pas la foi que lorsque l’on gagne», rappelle Yannick Noah. «Je savais que cela serait dur mais on a eu des opportunités que nous avons su saisir».
«Maintenant il faut se dire qu’il nous reste beaucoup de travail à faire, notamment en ce qui concerne les passages à vide que chacune a eu dans ses matches».
Ceux de Sandrine Testud, d’abord, qui tenait la victoire samedi, contre Dominique Van Roost, et qui a finalement perdu la rencontre qui aurait permis aux Françaises de mener deux points à zéro, à l’issue de la première journée.
Ceux de Alexandra Fusai, ensuite, qui n’a pas su dimanche, contre la même Van Roost, rééditer ce qu’elle avait fait la veille pour s’imposer à Appelmans, laissant ainsi filer le point de la victoire.
Ceux de Nathalie Tauziat, enfin, qui a pris le pire des départs avant de se ressaisir dans le double décisif.
Mais l’important est finalement que toutes soient parvenues à apporter leur pierre à l’édifice de la victoire qui leur permet, après huit tentatives infructueuses, de disputer la finale de la Fed Cup.
Pourtant, Yannick Noah n’avait pas — a priori — les meilleures cartes en main pour y parvenir.
«Des ondes positives»
En début de campagne, il devait d’abord renoncer à compter sur Julie Halard, blessée alors qu’elle était l’incontestable numéro un française.
Puis ce fut au tour de Mary Pierce, revenue du vingtième au dixième rang mondial. Une épaule douloureuse lui interdit de tenir sa place à la veille de la demi-finale.
A posteriori, un mal pour un bien puisque ces deux défections permirent au capitaine de lancer dans le grand bain Sandrine Testud et Alexandra Fusai, qui surent, pour leur première sélection en simple, tenir leur rang.
«Dans cette équipe, nous avons créé une véritable dynamique», soulignait Yannick Noah, rendant hommagé à l’équipe médicale, à l’entraîneur et à Françoise Durr, qui l’avait précédé sur la chaise de capitaine et qui est désormais son adjointe.
«Il y a une énergie dans ce groupe qui a grandi, elle apporte des ondes positives. C’est bien que le staff ait été aussi présent et que Mary (Pierce) comme Julie (Halard) soient restée avec nous».
Désormais reste une finale à jouer et ce prochain épisode se déroulera à l’automne aux Pays-Bas, face à une équipe largement à la portée des Françaises.
En effet, Brenda Schultz-Mc Carthy, classée parmi les vingt meilleures mondiales, Miriam Oremans, 56e, et Manon Bollegraf, pilier du double néerlandais, sont loin d’être des adversaires en mesure de faire peur aux filles de Yannick Noah.
«Si on joue à 100%, on peut battre n’importe quelle équipe. De toute façon, on jouera à l’extérieur et on ira pour gagner», affirmait le capitaine avant même de savoir qui, des Pays-Bas ou de la République tchèque, il retrouverait en finale.
Un avis partagé par Nathalie Tauziat, la doyenne de l’équipe de France dont elle est membre depuis douze ans et qui affiche 29 printemps enthousiastes.
«Cette coupe, il me reste peu de temps pour la tenir mais avec ce que l’on a vécu aujourd’hui (dimanche), je ne crois pas que l’on puisse la perdre. Et puis, comme dirait Alexandra, nous, on y croit! On a la foi!».
Les résultats complets
Voici les résultats complets enregistrés lors des matches de la Fed Cup de tennis féminine joués ce week-end:
l 1/2 finales:
A Nice (Fra): France — Belgique 3-2
A Prague: République tchèque — Pays-Bas 2-3
(finale les 4 et 5 octobre aux Pays-Bas)
l Barrages Groupe mondial 1:
A Francfort (All): Allemagne — Croatie 3-2
A Chestnut Hill (USA): Etats-Unis — Japon 5-0
A Zurich (Sui): Suisse — Argentine 5-0
A Gold Coast (Aus): Australie — Espagne 2-3
(les vainqueurs joueront dans le Groupe mondial 1 l’an prochain)
l Barrages Groupe mondial 2:
A Portschach (Aut): Autriche — Afrique du Sud 3-2
A Bratislava: Slovaquie — Canada 5-0
A Séoul: Corée du Sud - Russie 1-4
A Djakarta: Indonésie — Italie 0-5
(les vainqueurs joueront dans le Groupe mondial 2 l’an prochain). (Reuter, AFP)

