La galerie, située dans un magnifique parc dominant la Ville éternelle, est née en 1605 du désir d’un amateur d’art passionné et doté de géniales intuitions artistiques, le prince Scipione Borghèse, cardinal et neveu de Paul V, pape de l’époque.
Il a fallu treize longues années de travaux, dues en partie aux lenteurs de l’administration italienne, pour que la façade retrouve la blancheur laiteuse des origines. Le grand escalier du XVIIe siècle, abattu au XIXe, a été reconstruit à l’identique.
Les 300 œuvres dont 40 sculptures, estimées à plusieurs milliards de dollars selon les conservateurs, sont exposées selon de nouveaux critères et ont été restaurées pour la plupart.
Le ministre de la Culture Walter Veltroni, qui a fortement voulu cette réouverture et a fait terminer les travaux à marche forcée, a organisé de grandes fêtes pour célébrer l’événement. Il avait invité ses homologues français, portugais, espagnol et grec à y participer et a annoncé qu’il leur avait proposé des initiatives communes en faveur de la culture méditerranéenne.
Modernité oblige, la galerie s’est dotée en sous-sol d’un bar-restaurant, d’une librairie et d’une salle multimédiale avec un accès pour handicapés à l’extérieur. Cependant, les visiteurs devront réserver par avance leurs billets comme cela se pratique maintenant pour les grandes expositions qui attirent un large public.
Six
Caravage
«Pour raison de sécurité, le musée ne peut recevoir plus de 390 personnes à la fois, 300 au rez-de-chaussée et 90 au premier étage où seront exposés les tableaux les plus grands», a expliqué la directrice, Alba Costamagna.
L’œuvre vedette du musée, la statue par Canova de Pauline Borghèse, sœur de Napoléon, trône sur son divan princier en bonne place, au rez-de-chaussée, où ont été regroupés toutes les sculptures et les marbres du Bernin, maître de l’art baroque italien.
Les six tableaux du Caravage, autre vedette de la collection, ont été regroupés dans une seule salle. «La madonne des Palefreniers», «San Girolamo», «Le jeune homme au panier de fruits», l’autoportrait «Bacchino Malato» et le «Saint-Jean Baptiste» ont été parmi les toutes premières acquisitions du prince Borghèse.
Au premier étage sont exposés les magnifiques tableaux du Titien (avec le célèbre «Amour sacré et Amour profane»), de Corrège, de Raphaël, et d’Antonello Da Messina.
Autre nouveauté: les réserves du musée ont été déplacées afin de libérer le sous-sol pour y mettre les services destinés aux visiteurs. Elles seront visibles au deuxième étage, mais seulement sur demande.
La réouverture de la galerie fait partie d’un ambitieux projet du ministère des Biens culturels de créer un «Parc des musées» sur les 90 hectares d’espace vert de la Villa Borghèse.
Des parcours thématiques et chronologiques seront proposés pour redécouvrir les sculptures, fontaines, monuments qui y sont disséminés, et visiter la Galerie nationale d’art moderne, le Musée étrusque de la Villa Giulia, le pavillon des roses et le pavillon de Raphaël.
Un effort a été fait sur les heures d’ouverture, traditionnellement limitées à la matinée dans les musées italiens. (AFP)

