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Actualités - Chronologie

La partie turque : une économie très dépendante d'Ankara

La «République turque de Chypre du Nord» (RTCN), proclamée unilatéralement en 1983, accuse un retard économique important par rapport au Sud grec de l’île et reste très dépendante de la Turquie. «Nous savons qu’il existe d’énormes avantages», dans une solution qui réunifierait l’île au sein d’un Etat fédéral bizonal et bicommunautaire, confie M. Olgun Erkun, conseiller du dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash.
M. Denktash, «président» de la RTCN reconnue uniquement par Ankara, aura du 9 au 13 juillet à Troutbeck (New York) des pourparlers parrainés par l’ONU avec le président chypriote Glafcos Cléridès, en vue d’avancer vers une solution politique.
Les Chypriotes-turcs vivant dans le Nord occupé depuis 1974 par l’armée turque, sont conscients de leur dépendance économique par rapport à Ankara.
«C’est comme au sein d’une même famille où le fils peut compter sur ses parents sans dépendre d’eux indéfiniment», affirme le conseiller économique de M. Denktash, Ahmed Aker.
Selon lui, le refus de l’Union européenne des certificats d’origine de la RTCN a porté un coup très dur aux exportations, car «les produits coûtent plus cher quand ils doivent transiter par la Turquie».
«Des produits agricoles comme les pommes de terre ne trouvent pas de débouchés et des usines de textile ont été transférées en Turquie pour profiter des avantages de l’union douanière avec l’UE», selon M. Aker.
Les Chypriotes-turcs qui étaient 110.000 en 1974, sont aujourd’hui 190.000, avec les colons turcs venus d’Anatolie pour assurer la main-d’œuvre nécessaire à l’agriculture et à l’industrie.

Une chance unique

Ces colons «deviennent des citoyens après cinq ans de séjour» en RTCN où ils forment «45% de la population», indique M. Aker, ce qui implique que la moitié des Chypriotes-turcs de 1974 a émigré.
Selon les chiffres officiels de 1995, le PNB par habitant de la RTCN s’élève à 4.185 dollars, soit un tiers du PNB per capita dans le Sud de Chypre (12.000 USD).
Le budget de la RTCN — 293 M USD en 1995, dont 111,5 M d’aide et de prêts — est surtout un budget de fonctionnement.
Le tourisme a rapporté en 1995 199 M USD avec 385.733 visiteurs, dont près de 300.000 venant de Turquie. La moitié des touristes turcs sont des habitués des casinos. 90.000 touristes, en majorité Britanniques et Allemands, arrivent par des vols via la Turquie.
«M. Denktash a rate une chance unique en refusant, en 1993, les mesures de confiance proposées par l’ONU qui auraient énormément profité à l’économie chypriote-turque», selon un ambassadeur européen à Nicosie, avec notamment la réouverture de l’aéroport de Nicosie fermé en 1974. (AFP)
La «République turque de Chypre du Nord» (RTCN), proclamée unilatéralement en 1983, accuse un retard économique important par rapport au Sud grec de l’île et reste très dépendante de la Turquie. «Nous savons qu’il existe d’énormes avantages», dans une solution qui réunifierait l’île au sein d’un Etat fédéral bizonal et bicommunautaire, confie M. Olgun Erkun, conseiller du dirigeant chypriote-turc Rauf Denktash.M. Denktash, «président» de la RTCN reconnue uniquement par Ankara, aura du 9 au 13 juillet à Troutbeck (New York) des pourparlers parrainés par l’ONU avec le président chypriote Glafcos Cléridès, en vue d’avancer vers une solution politique.Les Chypriotes-turcs vivant dans le Nord occupé depuis 1974 par l’armée turque, sont conscients de leur dépendance économique par rapport à...