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Actualités - Chronologie

Moubarak reçoit l'appui des islamistes à sa réforme agraire

Le président égyptien Hosni Moubarak a reçu l’appui inattendu des islamistes, ses opposants les plus résolus, à sa réforme agraire qui a provoqué une jacquerie sanglante.
Le porte-parole des Frères musulmans, la plus ancienne des organisations islamistes, M. Maamoune al-Hodeiby, a affirmé son soutien total à la nouvelle loi qui autorise les propriétaires à déloger les paysans des terres dont ils sont locataires et annule la réforme agraire issue de la révolution nassérienne à la suite du coup d’Etat de 1952.
Plus étonnant encore, la principale organisation islamiste armée Jamaa islamiya, qui a tenté d’assassiner en juin 1995 à Addis-Abeba M. Moubarak, a affirmé qu’elle se «dressait aux côtés des propriétaires qui revendiquent leurs droits tout en comprenant les paysans qui aspirent à une vie libre et digne».
Dans un communiqué publié samedi par le quotidien al-Hayat, la Jamaa islamiya affirme que «la solution de ce problème est le retour à la loi de Dieu et la renonciation aux législations humaines».
«Cette loi (agraire) reflète la chute des dernières reliques de ce qui était appelé «les acquis socialistes de la révolution»», a-t-elle ajouté.
Cette prise de position intervient alors que la Jamaa islamiya est implantée dans la région pauvre de Miniya, en Haute-Egypte, où trois agriculteurs opposés à la loi agraire ont été tués la semaine dernière lors d’affrontements avec la police.
La réforme agraire issue de la révolution de 1952 a imposé aux propriétaires de louer leurs terres à bas prix sans pouvoir augmenter les loyers ni changer de locataires. La nouvelle loi controversée, votée en 1992, prévoit la libéralisation totale du fermage à la fin d’un délai de grâce de cinq ans, qui s’achève en octobre.

Contrats à l’amiable

M. Hodeiby a déclaré que la nouvelle loi était conforme aux préceptes de l’islam et a averti qu’une «intervention de l’Etat pour suspendre son application provoquerait une réaction dans l’autre sens», c’est-à-dire du côté des propriétaires.
«Selon les principes légaux de l’islam, les contrats doivent être conclus à l’amiable» entre propriétaires et paysans locataires, a-t-il dit, ajoutant que «les tarifs contraignants (des loyers) ne sont acceptables qu’exceptionnellement, en cas de nécessité absolue».
«En Egypte, nous avons commencé à l’époque du socialisme (sous Gamal Abdel Nasser) à imposer des tarifs contraignants alors que cela n’était pas une nécessité. Le résultat a été la situation inacceptable dans laquelle nous nous retrouvons aujourd’hui», a-t-il dit.
«Il faut respecter la propriété privée, mais nous aurions souhaité que le gouvernement fasse davantage d’effort pour compenser les gens (les petits paysans) qui seront affectés par l’application de loi», a souligné M. Hodeiby.
En revanche, à l’autre bout de l’échiquier politique, le parti Tagammou (gauche marxiste) et le parti nassérien défendent farouchement les petits paysans et réclament la suspension de la loi et la création d’un fonds pour financer l’achat par les locataires des terres qu’ils cultivent.
Dans un communiqué, le Tagammou avertit que si le gouvernement «tarde à trouver une solution réelle au problème, les protestations paysannes s’amplifieront en entraînant une confrontation avec la police et de nouvelles victimes».
M. Moubarak a promis de nouvelles terres aux paysans qui pourraient en être privés en octobre.
Selon l’opposition et des experts, environ six millions de personnes seront affectées, et, à plus long terme, des cultures traditionnelles pourraient disparaître au profit d’autres, plus rentables. (AFP)
Le président égyptien Hosni Moubarak a reçu l’appui inattendu des islamistes, ses opposants les plus résolus, à sa réforme agraire qui a provoqué une jacquerie sanglante. Le porte-parole des Frères musulmans, la plus ancienne des organisations islamistes, M. Maamoune al-Hodeiby, a affirmé son soutien total à la nouvelle loi qui autorise les propriétaires à déloger les paysans des terres dont ils sont locataires et annule la réforme agraire issue de la révolution nassérienne à la suite du coup d’Etat de 1952.Plus étonnant encore, la principale organisation islamiste armée Jamaa islamiya, qui a tenté d’assassiner en juin 1995 à Addis-Abeba M. Moubarak, a affirmé qu’elle se «dressait aux côtés des propriétaires qui revendiquent leurs droits tout en comprenant les paysans qui aspirent à une vie libre et...