Longtemps habituée à caracoler en tête, la «Gazelle» traîne la jambe. La faute à une méchante fracture de fatigue au péroné gauche. «Je souffre énormément à la réception, après avoir franchi un obstacle sur 400 mètres haies. Sur le plat, c’est supportable». Pourtant, le mal est ailleurs.
Après son incroyable doublé sur 200 et 400 mètres aux Jeux olympiques d’Atlanta, Pérec est à la croisée des chemins. «J’ai été plusieurs fois championne olympique et du monde…», martèle-t-elle. Il lui faut d’autres défis.
L’idée d’un doublé original, 400 mètres-400 mètres haies, aux Mondiaux d’Athènes en août prochain, en était un. Mais se rendre en Grèce pour s’aligner uniquement sur la première distance, dont elle détient déjà le titre, et en risquant même une humiliante défaite, n’a aucun sens.
La ligne d’arrivée du 200 mètres à peine franchie, mercredi soir à Lausanne, la Française s’est plongée dans ses pensées, marchant longuement sur la piste, ne se forçant même plus à sourire.
Son temps moyen (22 sec 76/100) mais, plus encore, l’absence de tout signal encourageant venu de son corps, «le fait que les sensations ne soient pas au rendez-vous», étaient un message clair: il fallait oublier pour longtemps l’ambitieux projet.
Reconnaître et accepter cette défaite est assurément une décision beaucoup plus amère à prendre que de renoncer à défendre un titre qui, même préservé, n’aurait rien ajouté à sa gloire.
«Je vais participer à quelques réunions», confie-t-elle sur un ton las, à propos de son avenir proche. Mais sans préciser lesquelles.


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