Forts d’avoir obtenu en justice la semaine dernière le rétablissement de l’excision, les islamistes veulent maintenant la suppression du ministère de l’Education, qu’ils accusent de pervertir les jeunes.
«Je m’efforcerai dans les prochains mois d’obtenir de la justice la suppression du ministère de l’Education, qui ignore la religion dans l’enseignement des sciences et inculque aux jeunes des pratiques anti-islamistes, comme l’interdiction de l’excision», a déclaré hier cheikh Youssef Badri.
Entouré d’un aéropage d’avocats, cet homme de 58 ans utilise systématiquement les prétoires pour imposer sa vision islamiste de la société et s’est spécialisé dans le harcèlement judiciaire contre le gouvernement, la presse, les intellectuels et les cinéastes laïcs.
Le 18 mars, il a porté plainte avec trois autres avocats contre le ministre de l’Education Hussein Kamel Bahaeddine pour demander l’annulation de deux paragraphes figurant pour la première fois cette année dans des manuels scolaires de lecture arabe et de religion islamique, pour les élèves de 11 ans. Les manuels qualifient l’excision de «coutume nocive».
La Cour doit rendre son verdict le 28 juillet.
«Dès que j’aurai gagné cette affaire, je réclamerai que l’Education nationale soit transférée à al-Azhar (la plus haute autorité de l’islam sunnite en Egypte) qui créera des programmes compatibles avec les préceptes de l’islam», a-t-il dit.
«Les programmes actuels, rédigés au 19e siècle, lors de l’occupation britannique, sont laïcs et même hostiles à l’islam. Que des jeunes musulmans lisent dans les cours de français que des jeunes filles se sont rendues le soir en discothèque, n’est-ce pas une incitation à la débauche?», s’est-il exclamé.
Jusqu’ au 19e, l’enseignement en Egypte était religieux. Il était dispensé dans des écoles coraniques par des cheikhs d’al -Azhar et dans les églises par des moines pour les chrétiens. C’est en 1863, sous le khédive Ismaïl, que s’est imposé un enseignement supervisé par le gouvernement.
Me Rabha Fathi, représentant le Centre égyptien pour la protection de la femme et Me Mohammad Abdel Aal de l’Organisation égyptienne des droits de l’homme (OEDH) ont appuyé lundi au tribunal le ministère de l’Education.
Ils ont présenté à la Cour des documents mettant en relief les dangers de l’excision et démontrant que l’excision n’est pas obligatoire dans l’islam.
Pour sa part, l’avocat du ministère de l’Education a réclamé que la Cour se déclare incompétente dans cette affaire qui doit, selon lui, être «examinée par le Conseil d’Etat».
«Nous avons déjà lancé une campagne intensive contre l’excision, mais après le verdict de mardi, nous avons décidé de déployer le maximum d’efforts pour éviter d’autres verdicts favorables à cette coutume», a affirmé M. Abdel Aal.
«Par tous les procès que j’avais intentés, je ne cherche qu’à appliquer progressivement les préceptes de l’islam», rétorque cheikh Badri, ancien député au Parlement.
Selon une récente étude gouvernementale, 97% des Egyptiennes sont excisées et 4,3% des opérations se font dans un hôpital gouvernemental contre 70,5 à la maison ou chez des voisins, ou encore dans des cliniques privées. (AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine