Bader al-Mutairi, 27 ans, est mort dimanche dernier au large de Koweit dans une collision avec un autre pilote de jet-ski.
Après une trentaine d’accidents l’été dernier, qui se sont soldés par des fractures, des blessures profondes et au moins un mort, les autorités s’étaient pourtant déjà efforcées de limiter les dégâts.
Maintenant, tous les scooters doivent être enregistrés, les pilotes doivent avoir 18 ans au moins et conduire doucement à moins de 200 mètres du rivage.
«Ces mesures sont nécessaires. Il y a eu tellement de plaintes et ces scooters des mers sont dangereux pour tout le monde, notamment pour les enfants», a expliqué Jamal Ahmadi, du département des affaires maritimes.
Un office de tourisme, qui gère plusieurs des plages de Koweit, avait tenté l’année dernière de protéger les nageurs des acrobaties des scooters des mers en leur réservant des zones à l’aide de balises flottantes.
Mais les mordus de la vitesse avaient rapidement découvert que les cordes attachant les balises formaient d’excellents obstacles pour s’exercer aux sauts ou au gymkhana.
Les jet-skis les plus modernes sont dotés de moteurs de 100 chevaux capables de propulser le pilote à plus de 45 nœuds (80 km/h). «A cette vitesse, comment pouvez-vous vous contrôler?», soupire un garde-côtes.
Une équipe d’une trentaine d’inspecteurs patrouillent régulièrement les plages et imposent de lourdes amendes aux contrevenants.
1.000 à 3.000 dollars
d’amende
Ces amendes peuvent atteindre 1.000 dollars pour pilotage sans gilet de sauvetage ou excès de vitesse près du rivage. Les propriétaires d’engins non enregistrés doivent payer une amende de 3.300 USD.
Mais il n’est pas facile d’arrêter les coupables, même avec l’aide des garde-côtes, dont les lourdes vedettes ont du mal à pourchasser les scooters.
Aussi Bassel al-Ali, 28 ans, est-il devenu plus prudent en louant les dix scooters des mers, qui forment son fonds de commerce avec les parasols, les bidons de fuel et les frigos portatifs.
«Le problème, c’est qu’il n’y a pas assez d’inspections», dit Bassel, en voyant un scooter frôler un nageur en bord de plage.
Bassel a donc entrepris d’aider les autorités. Il demande à ses clients de signer une feuille de location de façon à ce que les inspecteurs puissent les retrouver en cas d’infraction.
«Et si je constate une conduite dangereuse, je les rappelle immédiatement et je ne les rembourse pas, même s’ils n’ont pas terminé leur temps de location», ajoute-t-il.
Le Koweit partage avec les amateurs de plage du monde entier l’inquiétude devant ce sport de plus en plus populaire, mais dangereux.
Le Qatar demande aux pilotes de jet-ski de faire preuve de prudence depuis un accident mortel en 1995, mais n’a pas imposé de réglementation.
Aux Emirats arabes unis, en Arabie Séoudite, à Bahrein, à Oman et en Iran, ce sport reste libre et ses aficionados peuvent se faufiler entre les baigneurs ou les voiliers.
En France, les scooters des mers sont assimilés depuis 1989 à des navires et il faut un permis pour les piloter. Ces engins ne peuvent naviguer que dans une bande comprise entre 300 mètres et 1,8 km du rivage.
Mais les accidents ont continué. Un petit-neveu du roi Fahd d’Arabie Séoudite, âgé de 15 ans, a subi un traumatisme crânien en tombant de son scooter au large de Ramatuelle, sur la Côte d’Azur, en août 1993.
Aux Etats-Unis, ce sport a déjà fait 56 morts cette année, soit près du double du bilan de 1996, d’après la chaîne de télévision CNN. (AFP)

