Les Français sont de plus en plus nombreux à déjeuner en dehors de leur domicile (+8% par an), mais ce phénomène profite davantage aux cantines des entreprises qu’à la restauration commerciale, en chute de 15% l’an dernier.
Une enquête de Gira Sic Conseil (cabinet spécialisé sur le secteur) met aussi en exergue le succès grandissant des «circuits parallèles» — boulangeries, boucheries, traiteurs, rayons de stations-services ou de grandes et moyennes surfaces — qui nourrissent une population pressée.
Ils servent en 1997 quelque 220 millions de repas par an dans 85.650 lieux, estime le cabinet. Et 3,7 milliards de francs échapperaient ainsi aux chaînes et aux restaurants indépendants.
D’autant que la durée moyenne d’un repas est aujourd’hui de 38 minutes contre une heure 22 minutes en 1975.
Jambon beurre
Ce sont surtout les boulangeries qui ont investi le créneau des «en-cas», comme les sandwiches, salades et tartes salées, engloutis lors des pauses déjeuner. Elles servent 62% des repas des «circuits parallèles», suivies des stations-services (12%) et des charcutiers/traiteurs (12%), des boucheries (9%) et des grandes et moyennes surfaces (5%).
Preuve de leur dynamisme, ces circuits parallèles tartinent 160 millions de «jambon beurre» et s’adjugent 13% des ventes françaises annuelles. Ils passent ainsi devant les cafés (12%) et les chaînes de sandwiches (8%), mais restent loin derrière les établissements de restauration collective (67%).
L’auteur de l’étude, Bernard Boutboul, précise que cet engouement pour le sandwich est caractéristique des villes de plus de 50.000 habitants où le retour au foyer en mi-journée s’avère trop compliqué. On y consomme en effet sept fois plus de sandwiches et cinq fois plus de salades et tartes salées que dans les communes plus petites.
Chaque habitant de l’Hexagone (de 15 ans et plus) consomme en moyenne 53 repas par an à l’extérieur, déboursant au passage 2.250 F. Sur ces sorties, 29 repas sont pris dans des cantines pour 800 F, 22 dans des restaurants commerciaux soit 1.400 F et 2 dans les circuits parallèles pour 50 F.
Si ces derniers ont pour l’instant un poids marginal, ils ne cachent pas leurs velléités de développement. Les stations-services et les grandes et moyennes surfaces annoncent en particulier des croissances annuelles de chiffre d’affaires de 25%.
Les Français, qui ont tendance à restreindre les dîners dans les restaurants pour des questions économiques, aiment malgré tout passer du basique au repas de gourmet. La preuve: 93% d’entre-eux rêvent d’aller s’asseoir à la table d’un 3 étoiles du Michelin. (AFP)

